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Joël Gordon, artiste sculpteur : « C'est un nouveau voyage que je fais avec le bois »

France-Antilles Martinique 05.11.2018
Propos recueillis par Chantal Nabec

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Joël Gordon, artiste sculpteur : « C'est un nouveau voyage que je fais avec le bois »
Joël Gordon dans son atelier.

Après « L'oeil de la vérité » à la Villa Chanteclerc en 2015, c'est sur le thème « Réflexions » que Joël Gordon, artiste sculpteur sur bois, convie le public à une rencontre avec ses oeuvres inédites accompagnées de certaines créées avant 2015, à la Bibliothèque Schoelcher. Rencontre.

Joël Gordon, quelles réflexions vous inspirent ces nombreuses années d'un travail sans relâche ?
Tout au long de ma carrière, la foi a illuminé mon travail. J'ai été un honnête homme, transmettant à mes stagiaires le savoir que j'ai appris en exil en Europe, et j'ai fait mon métier avec joie. J'ai offert autant que j'ai reçu à leur contact. Enfant, j'étais un sympathique petit garnement, mais l'éducation familiale stricte me portait à entendre l'enseignement religieux et en avançant dans l'âge, je percevais la parole de Dieu qui m'a servi de guide sous forme de visions et de rêves nocturnes. Des états proches de l'extase.
Peut -on dire que vous êtes parfois sous l'emprise de votre passion Comment se déroule alors la journée d'un artiste ?
Oui, il y a une force qui me pousse et je me lève tôt. Je vaque aux affaires quotidiennes ; je réfléchis à ma journée dans un état second où affluent les idées et je me mets au travail.
Cela peut durer jusqu'à tard le soir avec la satisfaction de voir éclore l'oeuvre. Par exemple, pour la pièce intitulée « l'Élévation du Christ » , la fièvre de la création m'a habité pendant les deux mois qui ont suivi un voyage familial à Metz (en décembre 2017, N.D.L.R.) jusqu'à produire dans l'apaisement, en février, cette sculpture du Christ s'élevant aux cieux qui me hantait. Mais je prends le temps de me reposer et de me nourrir aussi, car il faut prendre soin de soi pour être proche des autres.
« La femme généreuse »
Vous aviez habitué le public à des oeuvres monumentales allant parfois jusqu'à 3mètres de hauteur. Cette fois, vous présentez des oeuvres de petits et moyens formats. Une nouvelle orientation ?
En effet, j'ai souhaité réaliser des oeuvres d'un format plus accessible au public, autant pour l'aspect pratique de l'installation chez les acquéreurs que pour le coût mis à leur portée. De plus, travailler dans le monumental réclame des forces que je ne veux pas gaspiller. Cette incursion dans le petit format est pour moi une aventure extraordinaire qui ne ternit en rien mon inspiration. C'est un nouveau voyage que je fais avec le bois et qui exige un travail très minutieux. Il demande de prendre des précautions car il y a toujours le risque de casser l'oeuvre en cours, tant elle est difficile à maintenir sur l'établi mais c'est aussi, avec l'expérience en plus, un clin d'oeil àmes débuts où je m'attaquais à des petits formats.
« Mon Dieu je t'implore » . Cette exposition évoque l'amour de la femme, du couple, de la famille, l'amour de Dieu et de la nature, souvent complices dans ses oeuvres où oiseaux, animaux terrestres et marins se confondent harmonieusement aux courbes humaines.
Avez-vous des projets après cette exposition ?
Je voudrais d'abord que plusieurs de mes oeuvres monumentales que je désire depuis longtemps verser au patrimoine culturel de mon pays, soient érigées dans les communes, de la Cacem par exemple, et aussi à Basse-Pointe qui a vu naître Aimé Césaire, qui fut mon guide et mon soutien. Je parle notamment de « Dean » , une oeuvre de 3,70 m de hauteur et de 60 cm de diamètre que personne n'a encore vue, créée en 2009 et dont la municipalité de Fort-de-France m'a promis, à force d'insistance de ma part, d'en assurer le dévoilement au public ainsi que son installation prochainement, ce qui me cause une grande joie.
Enfin, je suis très honoré d'exposer à la Bibliothèque Schoelcher, le temple du savoir, à qui j'offre « la femme généreuse » .
- Exposition à voir du vendredi 9 au vendredi 30novembre, à la Bibliothèque Schoelcher, à Fort-de-France.

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