ACTUALITé - DIVERS

SAINT-PIERRE - La renaissance de Jean-Paul au Moulin à cannes

France-Antilles Martinique 06.01.2018
Melinda BOULAI

1RÉAGIR

La renaissance de Jean-Paul au Moulin à cannes
Le Moulin à cannes est situé à l'habitation Depaz à Saint-Pierre.

Jean-Paul Laventure aura bientôt 30 ans de carrière dans l'hôtellerie. Une vie rythmée par des rencontres, des échanges et aussi des coups durs, comme la liquidation du restaurant « La Plantation » en 2015 qui l'a quasiment détruit. Passionné, il a su rebondir et est aujourd'hui responsable de salle et d'équipe au restaurant Le Moulin à Cannes de l'habitation Depaz. Rencontre.

. La silhouette longiligne, la cravate toujours bien mise, Jean-Paul Laventure a ce naturel avenant, chaleureux qui vous met tout de suite à l'aise. Il est content de nous parler de son nouveau poste de responsable de salle et d'équipe au restaurant fraîchement repris par la famille Malidor, propriétaire de la Chaudière au Morne-Rouge.
« C'est une libération pour moi. Je ne voulais plus entendre parler de l'hôtellerie après l'épisode de la Plantation » , raconte-t-il encore très ému. En novembre 2013, le restaurant gastronomique « la Plantation » rouvrait ses portes à Pays-Mêlés au Lamentin. La renaissance de la célèbre table provoquait alors un enthousiasme généralisé. Une enveloppe de fonds publics de 230 000 euros devait aider la structure. Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu. Au premier semestre 2014, les salaires des huit employés sont payés avec difficulté. Puis la situation empire, jusqu'à la liquidation du restaurant en mai 2015.
Un énorme coup dur pour les salariés - qui pour beaucoup ont changé depuis de secteur d'activité - et notamment pour Jean-Paul Laventure, à l'époque maître d'hôtel et aussi délégué syndical. Les larmes lui montent aux yeux lorsqu'il évoque cette partie de sa carrière. « Je me suis investi à perte. Cela a déclenché chez moi des maladies... Ça a été le pire moment de ma carrière. Cela m'a écorché, ruiné. »
DE L'ÉLECTRO MÉCANIQUE À L'HÔTELLERIE
L'homme ne refera surface qu'en octobre 2016. Poussé par une amie qui lui parle du projet de la famille Malidor de reprendre le Moulin à cannes. « Je ne voulais vraiment pas. Elle a insisté et lorsque j'ai rencontré Mme Malidor, au premier contact, j'ai vu une femme rigoureuse, stricte. Il y avait une connivence entre nous » , confie-t-il très enthousiaste.
Épanoui, heureux de retrouver ce qu'il affectionne : les clients, l'effervescence du service, l'ambiance en salle et surtout dans ce restaurant, la mise en avant des produits du terroir. Jean-Paul renaît. Son côté méthodique, sa rigueur, ses innovations sont ses points forts dans ce restaurant qui propose une cuisine créole évolutive. Il a bien pourtant failli passer à côté de cette belle carrière. Avec un CAP-BEP électro mécanique en poche, il a d'abord appris son métier sur le tas aux côtés de grands professionnels : Claude Darrenougue, Peter Laurencin, Pierre Agricole...
« C'est une amie, Mirella Pideri, qui m'a dit que j'avais le physique pour l'hôtellerie. J'ai tenté ma chance. Mais il est vrai que plus jeune, je regardais comment mes parents élaboraient leurs plats. Ma tante avait un restaurant à Sainte-Marie où elle recevait des personnalités et je rêvais souvent que je collaborais avec elle. »
Jean-Paul Laventure avait envie de tourner la page de la restauration. Mais comment se débarrasser d'une passion si tenace à laquelle il a consacré sa vie ? Il pose ici avec quelques trophées remportés lors de concours. (M. B./France-Antilles)
UN PARCOURS RICHE ET VARIÉ
C'est en 1988 que Jean-Paul commence sa carrière en tant que barman à l'hôtel PLM de la Batelière. « C'est Claude Darrenougue, alors chef barman, qui m'a formé et m'a appris l'élaboration des cocktails, la rigueur du métier... »
Jean-Paul se sent très vite à l'aise dans le milieu et va toucher à tous les métiers de l'hôtellerie : serveur, barman, responsable de salle, responsable du bar, maître d'hôtel... et travailler dans des lieux réputés : Marine Hôtel, la Plantation, au restaurant le Citron Vert à Cluny en 1992...
« J'ai tenté ma chance au Citron Vert alors qu'il n'y avait aucun poste vacant. J'ai insisté pour que l'on me donne ma chance. À force, un soir on me propose de me tester et dès le lendemain, j'étais engagé en tant que conseiller technique réception avant de devenir maître d'hôtel » , confie-t-il.
L'homme est un perfectionniste, avec le souci de faire toujours mieux et toujours plus pour satisfaire les clients. Pour continuer à apprendre et à évoluer et avoir la reconnaissance de ses pairs, Jean-Paul va décrocher tous ses diplômes : du CAP-BEP hôtellerie-restauration, en passant par son brevet professionnel, son BTS et aussi faire des formations avec de grands noms comme Paul Bocuse. Il va aussi se lancer dans l'enseignement pour transmettre sa passion aux plus jeunes.
La cinquantaine à peine entamée, Jean-Paul Laventure est fier de son parcours et des rencontres qu'il a pu faire. « Je reviens de loin. Maintenant, j'ai envie d'apporter des choses, de transmettre la connaissance de nos produits aux clients, aux personnes que je rencontre. » Aux côtés d'une équipe dynamique dirigée par le chef Gilles Malidor, Jean-Paul revit, donne et met en valeur sa Martinique qu'il chérit tant.
1
VOS COMMENTAIRES
  • bison - 08.01.2018
    La Restauration
    Les métiers de bouches, sont des métiers difficiles et stressants, car la clientèle suit parfois le vent.Sans un bulletin "météorologique" permanent (publicité), les clients continuent de suivre le vent. Suivan la tieu poul penché, ou ni sens van an !
1

Réagissez à cet article

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2 mn) :

CONNEXION