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INNOVATION - Izi Agro : agriculteurs et restaurateurs mieux connectés ?

France-Antilles Martinique 05.12.2017
Rodolphe Lamy

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Izi Agro : agriculteurs et restaurateurs mieux connectés ?
Si le projet Izi Agro prend forme, Guy Ferdinand, comme n'importe quel restaurateur pourra être en mesure d'acheter directement en ligne ses produits locaux et de se les faire livrer en temps réel par des transporteurs géolocalisés.

Alors que s'ouvrent aujourd'hui les Assises de l'Agriculture, Guy Ferdinand, restaurateur bien connu, nous détaille un projet sur lequel il travaille depuis deux ans. L'application « Izi Agro » , dont il souhaite que les acteurs publics s'emparent, a vocation à créer un lien direct entre la production locale et la clientèle des restaurants, voire des hôtels.

Deux ans qu'il travaille dans l'ombre sur ce projet. Deux ans à essayer de « trouver des solutions » . Guy Ferdinand, restaurateur au Carbet, est parti d'un constat simple : sa liste de courses. « Aujourd'hui, nous avons un vrai paradoxe : ni les hôteliers, ni les restaurateurs ne peuvent utiliser les produits locaux alors que les touristes viennent aussi pour ça et souhaitent les retrouver dans leur assiette. Mais, entre le prix du producteur jusqu'à celui jusqu'au consommateur, il y a 100% d'écart, une fois passés les revendeurs ou les grandes surfaces » .
Son idée, c'est une sorte de « Uber » , associant dans un premier temps les agriculteurs et les restaurateurs et, à terme, les pêcheurs ou les filières d'élevage, si les résultats sont concluants. Izi Agro, application mobile pour smartphones, ordinateurs ou tablettes, veut « recréer du lien social » . Et, en particulier, un lien commercial direct entre la production locale et la restauration commerciale. Une sorte de partenariat gagnant-gagnant. « Le producteur qui adhère gratuitement à l'application photographie son produit, le géolocalise et, de l'autre côté, le restaurateur, affilié moyennant un petit abonnement, commande en direct sa marchandise. Plus besoin de passer par des intermédiaires. Le projet prévoit qu'un certain nombre de transporteurs indépendants, également connectés à l'application, livrent les restaurants quasiment en temps réel, selon leur positionnement géoraphique. Guy Ferdinand y voit plusieurs avantages, outre le coût du produit revu à la baisse.
« Aujourd'hui, nous n'avons quasiment aucune donnée dans la restauration sur ce qu'on importe, ce qu'on cosomme en local. Ce serait un premier outil » . Le but, à terme, une fois le système véritablement lancé, étant de pouvoir mieux anticiper les besoins côté production et prévoir des cartes, avec des produits de saison, de l'autre.
TROUVER UN PORTEUR DE PROJET
« L'agriculteur sera payé immédiatement, dès livraison sans avoir à attendre parfois jusqu'à 90 jours comme avec les grandes surfaces. Son niveau de vie va augmenter » , indique le restaurateur. Initiateur du projet, avec l'entreprise locale Nasdy qui a réalisé l'étude de faisabilité et pourrait réaliser cette application, Guy Ferdinand ne compte pas le porter seul. Depuis plusieurs mois, il multiplie les contacts avec les services de l'Etat, la Chambre de l'Agriculture (un projet de convention est à l'étude), la Chambre de Commerce et d'Industrie, le Comité du Tourisme pour passer le relais. La création de l'application Izi Agro est estimée à environ 200 000 euros. « On peut même imaginer un partenariat public/privé, pourquoi pas ? Mais, pour ma part, il n'est pas question d'être le porteur de ce projet. Je l'apporte simplement, clé en main, pour faire avancer les choses » . La mise à jour de l'application pourrait, dans cette optique, être prise en charge par des fonds publics et financée, en partie, par les abonnements. Tel qu'il est conçu, la Chambre d'Agriculture formerait directement ses adhérents de cette initiative. Elle pourrait, également, fixer elle-même les prix des produits, pour garantir « un circuit financier officiel » . Le projet prévoit aussi une partie labellisation des restaurateurs ou hôtelliers, avec le label « M » du Comité Martiniquais du Tourisme, accordé selon des critères précis, dont l'utilisation des produits issus de l'agriculture locale.
Reste, aujourd'hui, à trouver les financements. Au moment où débutent les Assises de l'Agriculture, c'est en tout cas un projet concret qui est proposé à l'ensemble des acteurs.
La Martinique lance ses Assises de l'Agriculture
Aujourd'hui et demain, la Collectivité Territoriale de Martinique et la Chambre d'Agriculture organisent les Assises de l'Agriculture au Palais des Congrès de Madiana. « Ce grand débat au format participatif inédit, réunit pendant deux jours l'ensemble des acteurs du secteur afin de faire des choix raisonnés et partagés sur l'avenir de l'agriculture de Martinique. A travers des exposés, des échanges d'expériences, des projections, la parole sera donnée aux professionnels du monde agricole, aux partenaires publics territoriaux, aux politiques, aux étudiants et aux consommateurs » , indique la CTM dans un communiqué. Après un état des lieux de la situation actuelle, il s'agira de proposer des solutions concrètes à mettre en oeuvre. Sept thèmes seront abordés : Image, Formation & Emploi, Gouvernance & Politique agricole , Environnement & Santé, Production, Valorisation & Commercialisation, Foncier et Coopération caribéenne.
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VOS COMMENTAIRES
  • laverite - 06.12.2017

    Commentaire supprimé par la rédaction

  • BIGRE - 06.12.2017
    Ce n'est pas normal et légal en Martinique que le monde agricole soit subventionné 2 fois plus qu'un agriculteur de la France métropolitaine.
    Pas normal que nous payons des impôts et des taxes supplémentaires pour acheter des légumes, des fruits pays et de la viande locale 4 fois plus chère qu'en France métropolitaine ?
    Alors stop et fin à ces magouilles.
    Merci à vous tous.
  • DAMBRUN - 05.12.2017

    Commentaire supprimé par la rédaction

  • DAMBRUN - 05.12.2017
    Bravo Monsieur !
    Voilà une réalisation pratique, concrète. Monsieur FERDINAND fait partie des faiseurs, pas des discoureurs !
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