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Retraites agricoles : le gouvernement dit non!

France-Antilles Martinique 09.03.2018
F-X.G.

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Retraites agricoles : le gouvernement dit non!
Huguette Bello et François Chassaigne du groupe GDR de l'Assemblée nationale, mercredi au sénat avec les sénateurs du groupe communiste et républicain.

En utilisant l'arme procédurale du vote bloqué, le gouvernement a remis à plus tard l'amélioration du sort des retraités agricoles notamment dans les Outre-mer.

Mercredi soir, au Sénat, l'annonce par le gouvernement de vouloir recourir à l'article 44-3 de la Constitution pour bloquer le vote de la proposition de loi du groupe communiste, républicain et citoyen (CRC), visant à améliorer les retraites agricoles, a créé un petit séisme. Rappelons que cette proposition de loi (portée à l'Assemblée nationale entre autres par Huguette Bello, Jean-Philippe Nilor, Alfred Marie-Jeanne et Gabriel Serville) prévoit d'augmenter la taxe additionnelle sur les transactions financières de 0,1% pour financer à hauteur de 500 millions d'euros l'amélioration des retraites agricoles en les faisant passer de 75 à 85% du SMIC. Cette amélioration devait concerner 256 000 retraités dont 30 000 en Outre-mer. La moyenne des pensions de retraite agricole est de 730 euros dans l'Hexagone et de 330 euros en outre-mer. Ce texte avait été adopté le 2 février 2017 par l'Assemblée nationale à l'unanimité dont le député Castaner....
Mercredi soir, après une intervention de la sénatrice PCF Eliane Assassi pour faire un rappel au règlement, c'est le président de la commission des lois, le LR Philippe Bas, qui est intervenu pour protester à son tour. Car le vote bloqué signifie que si l'amendement du gouvernement n'est pas voté, tout le texte tombe, si l'amendement est voté, le texte est renvoyé à la grande réforme des retraites que le gouvernement prévoit dans deux ans... Le sénateur Bas a rappelé que la dernière fois qu'un tel artifice avait été utilisé, c'était en 1993, mais pour faire adopter un texte, pas pour le rejeter.
LES RETRAITÉS DEVRONT ATTENDRE
Même son de cloche aux groupes centriste, RDSE et socialiste, si bien que le secrétaire d'Etat assis au banc des ministres, l'ex-socialiste Olivier Dussopt, n'a pu que répondre qu'il en aviserait le Premier ministre. Dans les rangs du groupe LREM, les sénateurs d'Outre-mer avaient préféré faire chaise vide. Le président de séance a aussitôt permis au secrétaire d'Etat de s'exécuter en suspendant immédiatement la séance. Las pour les sénateurs (et les retraités agricoles), le gouvernement n'avait guère plus l'intention de renoncer à son vote bloqué. Le groupe CRC qui disposait de cette journée pour présenter ses propositions de loi a alors choisi de retirer son texte de l'ordre du jour et le représentera lors de sa prochaine niche parlementaire, le 12 mai. Pour l'heure, les retraités devront attendre... S'ils le peuvent.
F-X.G., à Paris
Déboires du groupe GDR à l'Assemblée nationale
« Je suis furieux! » , a lancé le député guyanais Gabriel Serville, hier, alors que son groupe parlementaire, Gauche démocratique et républicaine (GDR), tenait sa journée de niche parlementaire pour proposer ses propres textes de loi. En ce 8 mars, à l'occasion de la journée de lutte pour les droits des femmes, sa collègue réunionnaise Huguette Bello avait déposé une proposition de loi visant à lutter contre la précarité professionnelle des femmes. Le groupe LREM a fait voter une motion de renvoi en commission, une formule polie qui permet de couper court à tout débat et à tout effet de tribune en séance. Même conclusion pour la proposition de loi permettant d'améliorer la reconnaissance sociale des aidants familiaux, idem pour celle proposant la gratuité des transports scolaires défendue par Gabriel Serville et idem encore pour celle contre les marchands de sommeil. Après le camouflet de la veille au Sénat, le député de Guyane a eu des mots durs contre l'exécutif : « Le président de la République et le gouvernement bafouent les droits de l'opposition et le fonctionnement de notre Parlement. »
IL A DIT Maurice Antiste, sénateur : « Il y a urgence... »
Il y a urgence à agir! Catherine Conconne s'associe à moi pour déplorer l'action du gouvernement qui vise à repousser d'au moins 2 ans l'entrée en vigueur d'une mesure pourtant vitale pour nombre de nos compatriotes et qui aurait insufflé une bouffée d'oxygène à tout un secteur en difficulté.
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VOS COMMENTAIRES
  • BIGRE - 12.03.2018
    La France et les DOM TOM est malade à cause des mauvais résultats des votes des élections en date du 7 mai et le 18 juin dernier !!!
  • zakari - 11.03.2018
    À brigre
    Qu'entendez vous par "8 martiniquais sur 10 ont mal voté en mai 2017", puisqu'il y avait le choix entre le FN et Macron.
  • BIGRE - 10.03.2018
    Mais pourquoi il y a autant de couillons de moutons dans les DOM TOM et en France ????
    Pas étonnant que les problèmes ne sont jamais résolus !!!!
  • BIGRE - 09.03.2018
    Mais pourquoi plus de 8 martiniquais sur 10 ont mal voté le 7 mai et le 18 juin dernier ?
    Tant que le peuple français et martiniquais ne voteront pas bien, le problèmes ne feront sur s'aggraver.!!
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