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Anciens combattants et militaires rencontrent des élèves

France-Antilles Martinique 04.12.2017
J.-M.A.

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Anciens combattants et militaires rencontrent des élèves
Le colonel Alain Tissier est le référent Éducation nationale des Forces armées des Antilles.

Vendredi, les Forces armées ont organisé, en partenariat avec l'Office national des anciens combattants (Onac) et le rectorat, une journée « mémoire intergénérationnelle » , à l'esplanade des Hollandais, au sein de la base navale du fort Saint-Louis.

Dans la grande salle ouverte du fort Saint-Louis, deux anciens combattants de la guerre d'Algérie, Raymond Mimin et Serge Arrondell, s'expriment devant des collégiens (de Roger-Castendet) et des lycéens (de Joseph-Gaillard et de Joseph-Zobel). Ils racontent leur quotidien de l'époque. Beaucoup d'élèves entendent pour la première fois des Martiniquais parler de cette guerre, qui s'est étendue de 1954 à 1962.
Après une pause, deux militaires ont évoqué leur carrière et les différentes opérations extérieures auxquelles ils ont pris part. L'adjudant David a ainsi captivé l'auditoire : entré dans l'armée en 2000, il a eu l'occasion d'accomplir de nombreuses missions tant militaires qu'humanitaires en Afrique mais aussi dans le Pacifique. Sa mission la plus dangereuse, il l'a menée au Mali. Vendredi, les Forces armées ont organisé, en partenariat avec l'Office national des anciens combattants (Onac) et le rectorat, une journée « mémoire intergénérationnelle » , à l'esplanade des Hollandais, au sein de la base navale du fort Saint-Louis. L'idée était de faire témoigner, face à des jeunes, des anciens combattants et des militaires en activité sur leur engagement dans les conflits du XXe et du XXIe siècles. Michel Canton est professeur d'histoire-géographie et d'enseignement moral et civique (EMC) au collège Roger-Castendet, à Fort-de-France. Il est venu avec des élèves de 4e et de 3e « option défense » . « Avec la présence de ces anciens combattants, les élèves ont pu matérialiser ce qu'ils ont entendu sur la guerre d'Algérie, et s'approprier l'histoire de ces anciens combattants » , explique l'enseignant. « Il est important que les élèves sachent que des compatriotes ont participé à ce conflit » .
Deux anciens combattants (au 1er plan à gauche) de la guerre d'Algérie ont pu témoigner.
POUVOIR DÉFENDRE SON PAYS
Jiovanny, en classe de 4e au collège Roger-Castendet, dit avoir « appris beaucoup de choses » . « Je n'avais jamais entendu de témoignages d'anciens combattants » , confie-t-il. « Cela m'a surpris de voir ces deux personnes » . Jessie, élève dans le même établissement du quartier de Coridon, ne connaissait pas trop la guerre d'Algérie. Elle ne regrette pas d'avoir rencontré ces deux vétérans : « C'est bien parce qu'on aura ainsi des notions pour les cours (ndlr : cette guerre est en effet abordée au lycée) » . Le colonel Alain Tissier est le référent Éducation nationale des Forces armées des Antilles. Cela fait dix-sept ans qu'il s'occupe de la promotion de l'esprit de défense et de la transmission de la mémoire, en Martinique.
« Sans mémoire, un peuple a du mal à exister et à trouver son identité » , souligne le colonel Alain Tissier. « En ce qui concerne les devoirs du citoyen, il y a le respect des lois, le vote, la participation à la vie politique du pays, le paiement de ses impôts, et la dernière obligation, c'est pouvoir défendre son pays. Vous savez que l'année dernière, sur le territoire national, il y a eu plus de morts parmi les civils que parmi les militaires français envoyés en opération extérieure » . Les Forces armées ne laissent pas Jiovanny indifférent. « J'aime bouger, alors si on me demande d'aller faire une mission, je ne vais pas refuser. Ce serait une belle expérience » . Jessie, elle, n'est pas spécialement attirée par l'armée. « Mais si on me dit qu'on est obligé d'y aller, qu'il faut partir en guerre pour défendre mon pays, alors j'irai » .
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VOS COMMENTAIRES
  • BIGRE - 05.12.2017
    Tous les parents qui ne sont pas capables d'éduquer correctement leurs enfants alors vil faut suspendre les aides, les allocations. Il faut faire payer les parents et les enfants mineurs qui commettent des infractions, des délits et autres faits.

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