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Commissaire blessé en Guyane : « Un Rubicon a été franchi »

franceantilles.fr 10.04.2017
Karin Scherag

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Commissaire blessé en Guyane : « Un Rubicon a été franchi »
Le commissaire Joël-Patrick Terry est toujours hospitalisé à Cayenne. Il souffre d'un traumatisme crânien (KS)

Depuis son lit d'hôpital ce dimanche, Joël-Patrick Terry a souhaité revenir sur sa rencontre avec le collectif des 500 Frères organisée la veille. Blessé vendredi devant la préfecture à Cayenne par des manifestants, le fonctionnaire s'est aussi exprimé sur son agression et ses conséquences sur la suite du mouvement.

C'est un homme très fatigué que nous avons rencontré hier midi, au centre hospitalier de Cayenne. Allongé sur son lit, le commissaire Joël-Patrick Terry a d'abord tenu à s'excuser : « Peut-être que certains de mes propos manqueront de cohérence et je vous prierai d'être indulgents. » Touché vendredi soir à la tête et à la nuque lors d'une confrontation avec des manifestants en préfecture, il a perdu connaissance quinze minutes et souffre d'un traumatisme crânien qui s'accompagne « de symptômes assez durables » . Une interruption temporaire de travail d'une durée de quinze jours lui a été délivrée. Le numéro 2 de la police nationale à Cayenne ne souhaite pas s'étaler davantage sur son état de santé. « Par respect pour ma famille » , précise-t-il.
Deux jours après son agression et au lendemain d'une rencontre médiatisée avec le collectif des 500 Frères, il a cependant tenu à recevoir les médias pour éclaircir la situation. « On a atteint un niveau de violence inacceptable, déclare-t-il d'emblée. J'ai déposé une plainte et mes collaborateurs (d'autres policiers ont été blessés) vont faire de même. » Il poursuit : « À partir du moment où on m'a atteint dans ma chair, il y a un Rubicon qui a été franchi. Et forcément, les dispositifs de sécurité qui seront mis en place à l'avenir seront d'un niveau supérieur (1). Vendredi soir, la force a été employée contre nous et nous avons dû réagir. C'était de la légitime défense. Parfois, nous devons utiliser une violence légitime, même si ce n'est pas souhaitable. » Le commissaire Terry insiste également sur le fait que son agression n'a pas été commise par un membre des 500 Frères. Et espère que le collectif aidera à faire toute la lumière sur les événements. Le policier tient aussi à faire le point sur l'entrevue de la veille, à l'hôpital, avec les membres de 500 Frères. « J'ai reçu un appel d'un des meneurs. Un homme que je respecte. Il souhaitait me rencontrer. Mais je ne m'attendais pas à trouver plus de 80 personnes et des caméras devant ma porte. Je voulais avoir une discussion « en off » , d'homme à homme. » C'est raté.
(1) La préfecture ne nous a pas donné davantage d'informations à ce sujet.

Amende et prison
Selon le procureur Éric Vaillant, la peine encourue pour violences sur personne dépositaire de l'autorité publique est de cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende si l'ITT est supérieure à huit jours. C'est le cas du commissaire Terry.
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