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Harcelée et violentée par celui dont elle divorce

France-Antilles Martinique 05.01.2019
B.Dls.

2RÉAGIR

Harcelée et violentée par celui dont elle divorce

Le tribunal correctionnel a condamné un Marinois de 35 ans pour des violences conjugales. En instance de divorce, il n'a pas accepté l'idée que sa future ex-femme puisse avoir un autre homme dans sa vie.

Julia (*) se souviendra longtemps de cette fin d'année. Le 30 décembre dernier au Marin, elle a failli perdre la vie sous les coups de son mari, Thierry L., 35 ans. Ce dernier est poursuivi devant le tribunal correctionnel pour des violences conjugales selon la procédure de comparution immédiate. Il reconnaît les faits qui lui sont reprochés. « J'ai gaffé et je dois en assumer les conséquences » , explique-t-il à la barre.
Le jour des faits, il se rend au domicile de sa femme, défonce la porte d'un coup de pied, se dirige vers la jeune femme et l'attrape par les cheveux avant de l'étrangler. Il finit par une pluie de coups de pied au visage et dans le ventre.
À l'audience, la victime est défigurée et porte un bras en écharpe. Elle est toujours terrifiée à l'idée de se trouver à côté de celui qui lui a fait vivre un enfer. Avant d'en arriver là, Thierry L. avait appelé sa compagne pour avoir des explications sur une prétendue relation qu'elle aurait avec un autre homme. « Quand je l'appelle pour lui demander des explications, elle raccroche sur moi. Ça m'a énervé » , raconte le Marinois. La conversation a tourné court, car la jeune femme ne souhaitait pas discuter. Son compagne lui a envoyé une vague de messages par la suite.
Un homme en colère et jaloux a débarqué chez sa femme. La victime, avait eu le temps de déposer les enfants chez sa mère, mais était revenue avec un ami récupérer quelques affaires. C'est à ce moment que Thierry L. est arrivé. « J'étais surtout venu lui parler d'une histoire avec l'assistance sociale. Car il y avait un problème avec ma fille » .
UN MARI VIOLENT, MAIS UN BON PÈRE
« Vous savez, votre femme a le droit de mentir, de voir qui elle veut sans craindre de se faire frapper . Elle ne vous appartient pas » , indique l'un des juges. Le couple est actuellement en instance de divorce, mais il semble que le trentenaire ait du mal a accepté cette idée. « C'est elle qui veut divorcer car, depuis le mariage, nos allocations respectives ont diminué. Alors j'ai accepté » , indique le prévenu à la barre. Ils sont en couple depuis juin 2013. Cela fait un an qu'ils sont mariés et ont deux enfants. La victime explique qu'il ne s'agit pas des premières violences. Des violences physiques mais également psychologiques.
« Je me sentais comme un chien, une moins que rien » , confie-t-elle la voix tremblante. Elle tient à préciser que le prévenu est un bon père de famille, malgré tout. Elle découvre une autre facette de celui qu'elle allait quitter quand le président arrive au casier judiciaire du mis en cause. Thierry L. a été condamné à 13 reprises. Vol, destruction, violences, usage de stupéfiants, conduite d'un véhicule sans permis et violences conjugales (sur une précédente compagne). « Tous les témoins disent qu'il étranglait la victime. C'est un homme violent, qui a déjà coupé le doigt d'un rival. Elle a besoin de se reconstruire » , indique la procureure. Elle requiert 4 ans de prison dont 2 ans avec sursis mise à l'épreuve.
L'avocat de la défense estime que l'incarcération a ses limites. « Il a déjà été incarcéré pour des violences et il a recommencé. Il ne faut pas le séparer de ses enfants. Rien n'excuse son geste. Il a eu une enfance difficile. Il a baigné dans la violence. Il faut une peine qui protège la victime sans couper le lien avec les enfants » , plaide Me Bellemare. Le tribunal condamne Thierry L. à 3 ans de prison dont 18 mois avec sursis mise à l'épreuve et maintien en détention.
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VOS COMMENTAIRES
  • exagone - 08.01.2019

    Commentaire supprimé par la rédaction

  • paindoux - 08.01.2019
    "Enfance difficile" !!
    Messieurs les avocats, ce n'est pas du tout une excuse cette affaire d'enfance difficile.
    Les femmes ne sont pas le "bien matériel" des hommes de la même façon qu'un homme n'est pas celui d'une femme.
    Donc, marre de ces excuses à la con que j'entends en permanence. Si vous n'avez rien à dire, taisez-vous mais ne donnez pas force à vos propos malsains.
    Mesdames, sachez que la violence revêt toutes les formes et pas seulement la forme physique. Aussi, si aucune communication ne peut avoir lieu entre vous, n'hésitez pas à aller en parler à un professionnel, même à votre médecin traitant avant qu'il ne soit trop tard
  • exagone - 07.01.2019

    Commentaire supprimé par la rédaction

  • Cupcake - 07.01.2019
    Il va falloir m'expliquer d'où vient cette excuse redondante des avocats: enfance difficile...

    Vous réalisez le nombre de personnes qui ont eu une enfance difficile? si toutes ces personnes devaient partir en vrille à cause de ça, il n'y aurait que des tueurs, des violeurs et des braqueurs dans les rues.

    L'enfance difficile n'excuse pas tout!
  • exagone - 07.01.2019

    Commentaire supprimé par la rédaction

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