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Route du Rhum: un chavirage et des démâtages au coeur de la tempête

AFP 06.11.2018
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Route du Rhum: un chavirage et des démâtages au coeur de la tempête

Le maxi-trimaran skippé par le Français Armel Le Cléac'h (Maxi Banque Populaire IX) au Cap Frehel au départ de la Route du Rhum, le 4 novembre 2018

-Fred TANNEAU (AFP/Archives)

Avec des conditions météo particulièrement rudes, la flotte de la Route du Rhum a payé un prix fort mardi avec le chavirage de l'un des favoris, le maxi-trimaran de 32 m skippé par Armel Le Cléac'h (Maxi Banque Populaire IX), en attente d'être récupéré, et des bateaux qui ont démâté.

La mer n'a pas fait de cadeau ! Selon les témoignages des marins, ce sont des creux de 5 à 6 mètres qui ont jalonné la route dans le golfe de Gascogne. Sur les 123 bateaux qui avaient pris le départ dimanche de cette transatlantique en solitaire, près d'un tiers ont subi les conditions météo.
Et pour la première fois, un bateau a chaviré: celui barré par Le Cléac'h.
Le navigateur de 41 ans, à bord d'un bateau volant de toute dernière génération, naviguait sur 5 m de creux avec des vents de 30-35 noeuds (55-65 km/h) quand le chavirage a eu lieu mardi vers 12h00 au large des Açores (Portugal), vraisemblablement à la suite de la "rupture de son flotteur bâbord", selon son équipe.
Le vainqueur du dernier Vendée Globe a pu activer sa balise de détresse et se trouvait en sécurité à l'intérieur du bateau, d'après les derniers éléments.
 
- Le Cléac'h en attente des secours -
Le Cross Gris Nez a été chargé de coordonner les opérations de secours avec les autorités portugaises et un Falcon 50 est parti mardi à 16h00 pour survoler la zone et tenter de localiser le bateau, a appris l'AFP de bonnes sources. Il faut 1 heure 45 au Falcon pour arriver sur zone. Une fois repéré, le Cross se coordonnera avec les autorités portugaises pour déterminer quel bateau est au plus proche du Maxi Banque Populaire IX (cargo, pêcheur, concurrent) pour venir secourir le marin français.
Le Cléac'h n'a décidément pas de chance avec ce tout nouveau bateau mis à l'eau en octobre 2017. La super machine a déjà chaviré, c'était en avril lors d'un convoyage près des côtes marocaines.
Le navigateur, qui dormait au moment de l'incident, avait été marqué mais avait réussi à tourner la page. En revanche, le bateau avait subi de gros dégâts - il a fallu notamment un nouveau mât (une pièce gigantesque de 37 m) et 4 mois de chantiers pour le rendre à nouveau opérationnel pour la Route du Rhum.
L'engin, conçu dès l'origine pour voler grâce à des foils, fait partie d'une flotte très élitiste (classe Ultim) de bateaux très coûteux (environ 15 millions d'euros) qui ouvrent une nouvelle ère dans la course au large.

Mais, avant cette Route du Rhum, aucun bateau +volant+ n'avait traversé l'Atlantique en course en mode solitaire.

Autre favori et autre bateau qui vole, le Maxi Edmond de Rothschild, barré par Sébastien Josse, n'a pas tenu 24 heures. Pourtant très rapide mais prudent sur l'eau, le géant des mers a perdu lundi 8 mètres de son flotteur tribord, carrément arrachés. Le super voilier a été mis à l'eau en juillet 2017.
 

- Avaries régulières -

Beaucoup plus ancien mais aussi imposant, le bateau de Thomas Coville (Sodebo Ultim) est lui aussi à l'arrêt, dans le port de La Corogne (Espagne) après la casse du carénage du bras avant bâbord.

Seul François Gabart, sur un bateau de 3 ans d'âge de la classe Ultim (Macif), s'en sort vraiment bien. Il est en tête de course et a échappé à la deuxième dépression, qui affecte le gros de la flotte.

Certains avaient préféré anticiper en se posant dans un port dès lundi soir (Roscoff, Brest, Dédouanez entre autres) alors que d'autres ont affronté les éléments en y laissant des plumes.

Isabelle Joschke (Monin), l'une des 6 femmes engagées sur la course transatlantique en solitaire, a eu le mât de son Imoca (monocoque de 18 m) brisé dans une mer forte et un vent soufflant à 30-35 nœuds (55-65 km/h). Sam Goodchild (Narcos : Mexico), un Britannique de 28 ans, a lui aussi démâté, à bord d'un petit monocoque de 12 m (Class40).

Et ce n'est sans doute pas fini.

"Ces conditions rendent les manoeuvres difficiles et provoquent des avaries régulières", a indiqué le directeur de course Jacques Caraës.

"Une deuxième puis une troisième dépression sont annoncées en milieu et en fin de semaines", a-t-il prévenu.

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VOS COMMENTAIRES
  • johnn - 06.11.2018
    Soyez réaliste pr1955, ne crachez pas dessus
    Savez vous que la majorité des coursiers sont des professionnels souvent père ou mère de famille qui contribut au développement et a l'économie dans le domaine nautique français. ces entreprises françaises qui génèrent des milliards et qui paient des impôts, TVA et autres taxes contribues a la richesse de la France. ça ne coutera pas 1 centime de plus au contribuable français.
  • P.R.1955 - 06.11.2018
    combien ?
    l assistance et les recherches
    vont coûter combien
    aux contribuables français ?
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