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Dernier tour d'horizon des porte-parole

France-Antilles Martinique 19.04.2017

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Dernier tour d'horizon des porte-parole

À trois jours du premier tour de la présidentielle, nous poursuivons le tour d'horizon (FA du mardi 18 avril 2017) des porte-parole des candidats qui expliquent les raisons de leur engagement.

Charles Hélénon, mandataire de Benoît Hamon « Le candidat ayant les idées les plus innovantes! »
Membre du conseil fédéral de la FSM, Charles Hélénon a choisi de défendre, envers et contre tout, le vainqueur de la primaire de gauche. Mission qu'il assume sans état d'âme, espérant que Benoît Hamon se qualifiera pour le second tour. « Il est légitimement le candidat puisque vainqueur d'une primaire élargie. D'autre part, il est le candidat qui avance les idées les plus innovantes pendant la campagne. Je préfère ne pas imaginer le second tour sans lui » , affirme-t-il.
C'est à l'appui du revenu universel d'existence que Benoît Hamon comptait encore plus perpétuer une certaine idée de la gauche. Mais avec un discours pas très audible et un candidat qui manifestement n'arrive pas à rassembler plus d'adhésion, son mandataire à la Martinique sait que la mission s'avère encore plus difficile. « Mais l'essentiel n'est pas de penser à partir des sondages, mais de faire partager son programme. Il est celui qui a plus d'idées novatrices et originales, y compris pour l'Outre-mer. Je pense notamment à sa volonté de porter au mieux la loi sur l'égalité réelle. Je pense aussi à son souci d'aider plus les personnes âgées de chez nous, sans compter les dispositions avancées pour l'éducation nationale. Son programme est novateur » , soutient Charles Hélénon. Pour autant, à quelques jours du premier tour, la lucidité impose d'envisager la suite. « Pour le parti, il y a l'échéance législative à préparer, avant le congrès qui remettra certainement à plat quelques fondamentaux. Quant à l'éventualité d'un second tour sans Benoît Hamon, nous aurons, entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, toujours une carte gagnante » , souligne-t-il avant d'ajouter laconiquement : « Certainement que compte tenu de la perception que les gens se font de plus en plus de son programme, il a le tord d'avoir eu raison trop tôt. » Serait-ce une méthode pour se consoler ou une échappatoire pour mieux penser à la prochaine présidentielle ? Réponse dimanche.
G.G.
Marcel Sellaye, porte-parole de Philippe Poutou « Nous partageons la même philosophie politique! »
(J-M.E/ France-Antilles)
Soutenu localement par le GRS, Philippe Poutou a trouvé, à travers la voix de Marcel Sellaye, le porte-parole d'un programme qui, dans ses grandes lignes, répond aux attentes du mouvement troskyste local. « Nous le soutenons parce que les réponses à « l'adresse aux candidats » du GRS sont claires et correspondent à la philosophie politique que nous défendons » explique Marcel Sellaye. C'est ainsi que l'idée d'une assemblée constituante martiniquaise entend répondre à la demande d'autodétermination que le GRS ne cesse de mettre en avant. « On ne peut pas parler de développement du pays sans penser aux institutions et à la notion d'autodétermination » , ajoute-t-il. Pour autant, la personnalité de Philippe Poutou, ses prestations télévisées, participent à une meilleure lisibilité du programme qu'il défend. « L'interdiction des licenciements est l'élément le plus mis en avant. Mais c'est aussi l'idée de partage du temps de travail qui le distingue. Nous le soutenons parce que nous nous retrouvons dans son programme et que le respect des idées est partagé entre NPA et le GRS. »
Partage des valeurs, mais aussi et au-delà, partage d'une certaine idée de la politique et du champ dans lequel inscrire le discours à l'apparence iconoclaste, mais centré sur les préoccupations des travailleurs. « À l'évidence cette campagne n'est pas celle qui fera triompher l'idée que nous nous faisons de la gauche. Notons que la bourgeoisie n'a plus besoin de la droite puisque la dite gauche lui suffit. Mais peu importe, nous avons nos valeurs et nous les défendrons. »
Mais c'est aussi la perspective du second tour qui interpelle les partisans du candidat NPA. « Nous avons un partenaire, Nou Pep Là et nous discuterons pour définir notre ligne. Nous ne soutiendrons personne. Mais faire barrage à Marine Le Pen est une nécessité politique et morale » , affirme Marcel Sellaye. En attendant, les partisans et soutiens de Philippe Poutou continueront à défendre son programme, jusqu'au bout.
G.G.
Ghislaine Joachim-Arnaud, porte-parole de Nathalie Arthaud « Faire entendre le camp des travailleurs »
« Nathalie Arthaud est la seule candidate qui dit clairement quels sont les intérêts politiques des travailleurs. Toutes les richesses produites dans la société le sont par les travailleurs » , explique Ghislaine Joachim-Arnaud, porte-parole de Combat Ouvrier.
Elle invite les électeurs à se mobiliser et à prendre leur bulletin de vote pour exprimer les exigences et les objectifs prônés par Lutte Ouvrière.
La première de ces exigences est de disposer d'un emploi permanent et non précaire. « Une répartition du travail entre tous sans diminution de salaire, ainsi que l'interdiction des licenciements dans les entreprises qui font du profit. Autre exigence de Nathalie Arthaud dans son programme, la mise en place d'un salaire minimum qui devrait être égal à 1 800 euros nets et d'une augmentation de salaire de 300 euros pour tous les travailleurs.
Elle souhaite également abolir le secret bancaire, le secret commercial, le secret des affaires...
« Les propriétaires des entreprises s'appuient sur l'existence de ce secret pour dire qu'ils sont en difficulté. Sans tous ces secrets, les travailleurs pourraient se rendre compte que les patrons se plaignent le ventre plein » . Ghislaine Joachim-Arnaud estime que voter Nathalie Arthaud c'est affirmer son adhésion à ce programme, à ces exigences qui sont vitales pour le monde du travail. Pour Combat Ouvrier, samedi prochain le seul vote utile c'est celui qui fera le choix du camp des travailleurs. « Il ne faut pas qu'ils se fassent des illusions... Les choses vont changer pour eux quand ils vont se mobiliser. Nous sommes une force sociale, notre mobilisation sera un signal fort face au grand patronat, aux industriels, aux banquiers, à la finance dans cette République des bourgeois. Le fait de voter Lutte Ouvrière et sa candidate Nathalie Arthaud, cela voudra dire que nous avons confiance en notre force » .
H.Br.
(W.T / France-Antilles)
Sébastien Dubois, porte-parole de François Asselineau « L'État français doit reprendre les manettes »
(H.Br / France-Antilles)
« La sortie de la France de l'Union européenne » , c'est l'une des décisions fortes que propose l'Union populaire républicaine, le parti de François Asselineau. Un discours qui ne doit surtout pas effrayer les électeurs martiniquais, c'est ce qu'avance Sébastien Dubois, délégué départemental de l'UPR. « La sortie de l'Union européenne permettra à la Martinique de ne plus être une région ultra-périphérique. Cela permettra aux territoires de retrouver une relation avec Paris qui sera beaucoup plus profitable, puisqu'actuellement il faut négocier avec Bruxelles. Cela veut dire que la Martinique est entre les mains de 27 autres pays que la France » . Sur la question des subventions européennes, le représentant de François Asselineau parle « d'enfumage » et « d'arnaque » : « La France verse 23 milliards d'euros à l'Union européenne qui lui en rétrocède que 14 milliards sous la forme du FEDER, ou d'aides aux collectivités locales. Cela veut dire que si l'on sort de l'Union européenne, la France continuera à verser des subventions aux agriculteurs, aux collectivités locales, et ce ne sera plus avec le drapeau de l'Europe. Aujourd'hui, les Martiniquais ont l'impression que sans l'Europe il n'y aurait plus d'argent... c'est faux » . Dans son programme, François Asselineau réaffirme le principe de continuité territoriale et d'égalité des citoyens. Avec l'idée d'une véritable égalité entre tous les citoyens malgré l'éloignement. « Il faut avoir une vision ambitieuse et il faut rendre à la France son vrai rôle dans le monde. Et la Martinique dans tout cela a un grand rôle à jouer » soutient Sébastien Dubois. L'UPR Martinique entend s'inscrire durablement dans le paysage politique de la Martinique puisqu'elle annonce qu'elle aura 4 candidats lors des élections législatives de juin prochain.
H.Br.
L'heure d'ouverture des bureaux de votes
Pour le premier tour de l'élection présidentielle, c'est samedi que les 311 000 électeurs sont invités à voter. Le scrutin sera ouvert à 8 heures et clos à 19 heures dans le département, sauf dans les communes de Ducos, Fort-de-France, le François, le Prêcheur, Sainte-Luce où il sera clos à 20 heures. Un horaire décalé qui a été accordé à la demande des maires de ces communes, ayant des fortes communautés de pratiquants adventistes et d'autres églises.
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