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Émeline, David, Samira, Steven : une synergie solidaire et caribéenne

France-Antilles Martinique 06.06.2018
Rodolphe Lamy

4RÉAGIR

Émeline, David, Samira, Steven : une synergie solidaire et caribéenne

Ils sont 4 trentenaires, ont mené de brillantes études et sont mûs par une même volonté : rendre les peuples caribéens plus solidaires et plus autonomes. De leur association est né un « réseau solidaire » qui participera au Haïti Tech Summit du 21 au 23 juin. En filigrane, ils développent un projet de maisons contenairs, « Mango House Project » , ou une monnaie virtuelle alternative, le « Wouscoin » .

La Martinique a des talents. Et lorsqu'ils s'associent, cela peut générer de belles choses et de beaux projets. Émeline et Samira Rémion, deux cousines de 29 et 30 ans, rejointes par David Sévétian, 29 ans et Steven Jubenot-Marguerite, 30 ans, ont fait ce pari-là. Il y a plusieurs mois, fort de leurs expériences diverses et d'une envie commune, ils ont créé un « réseau solidaire ». « C'est une sorte de fédération basée sur des actions solidaires et sur la Caraïbe » , indique modestement Émeline. « Nous voulons faire avancer et développer ce bassin caribéen dans le bon sens. Et si les actions peuvent être durables et solidaires, c'est encore mieux » , abonde sa cousine.
Une volonté qui est loin d'être un voeu pieu pour ces quatre Martiniquais pragmatiques, tous auréolés de brillantes études supérieures. Les 21, 22 et 23 juin, ils seront parmi les ambassadeurs de leur île au « Haïti Tech Summit » pour porter et défendre leur projet : la création de maisons contenairs clé-en-main, en matériau innovant. « L'idée, c'est de sortir les gens des tentes et leur offrir un habitat digne » , souligne Émeline. « Notre habitat, c'est une maison autonome qui a l'électricité grâce à des panneaux solaires, un toit végétal, etc. Elle est conçue aux plus hauts standards parasismiques et parcycloniques. » David précise immédiatement : « Nous n'allons pas uniquement en Haïti pour vendre des produits mais aussi pour aider nos frères et participer au développement de ce pays-là. »
La symbolique haïtienne est forte. « Haïti, forcément, cela nous tient à coeur, c'est la grande soeur de la Caraïbe » , argumente Samira, l'ingénieure en génie civil du quatuor. Très tôt, la jeune femme a souhaité revenir en Martinique pour travailler sur les questions de résilience et d'autonomie. Onze ans après avoir quitté son île (lire ci-dessous), après plusieurs expériences enrichissantes mais plus ou moins heureuses, cette spécialiste des constructions en bois s'est mise à son compte, via un bureau d'études. « J'ai créé ma boîte pour créer mon emploi en Martinique » , sourit-elle.

MAISON HABITAT DURABLE
Le projet initial de construction de maison habitat durable et la conception technique, c'est elle. Sa cousine y a très vite adhéré. En avril dernier, les deux jeunes femmes devaient se rendre au salon de l'Habitat. Pour diverses raisons, leur voyage est tombé à l'eau. Un échec qui n'en est finalement pas un, puisqu'il a permis, entre temps, d'étoffer leur réseau. Lors d'un after-work à l'espace collaboratif Be Jungle, les deux jeunes femmes ont rencontré David, qui a créé cette année une monnaie solidaire, le « Wouscoin », sur la base du Bitcoin. « On lui a demandé s'il souhaitait nous accompagner sur notre projet en Haïti. Cela créait une démarche solidaire en plus et une belle synergie pour monter quelque chose de concret. » Steven, jeune trentenaire qui portait, de son côté, un projet de construction en contenair, a également rejoint le trio.
Autour de ce « réseau solidaire », né de l'union de ces quatre talents, s'est peu à peu créé une communauté virtuelle. Émeline et Steven, en parallèle de leur emploi actuel, se sont associés pour créer la société « Mango House Project » , qui se veut spécialisée dans l'éco-construction modulaire. Les fameux contenairs deviennent une réalité : la texture extérieure est mixte bois-métal ; l'intérieur est constitué de ouate de cellulose et de fibre de chanvre pour conserver la fraîcheur. « C'est un modèle clé-en-main mais évolutif selon les besoins de tel ou tel territoire » , indique Samira, la technicienne. « Il peut s'adapter à l'ensemble du bassin caribéen, en Dominique par exemple, où nous avons déjà des personnes intéressées. »
Impulsé et diffusé par quatre jeunes motivés, le « réseau solidaire » n'est pas fermé : « On a déjà le « Wouscoin » , « Mango House Project », on peut intégrer tous ceux qui sont dans la même pensée que nous... »
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Quatre jeunes dans le vent
Samira Rémion, 30 ans
Samira Rémion
Partie de la Martinique juste après le bac, Samira a suivi des études d'ingénieur à l'Insa de Rennes pendant 5 ans. Elle a effectué sa dernière année à Istanbul, en Turquie. Elle a travaillé un an en Bretagne par la suite, puis deux ans chez un gros charpentier des Deux-Sèvres. Licenciée économique, elle crée alors sa société spécialisée dans le développement du bois de bambou comme structure porteuse. Il y a deux ans, elle est revenue en Martinique, en tant qu'indépendante. « J'ai créé ma boîte (NDLR : le bureau d'études Auréa Structures, spécialisé en ingéniérie bois) pour créer mon emploi en Martinique » , affirme cette ingénieure en génie civil.
Émeline Rémion, 29 ans
Émeline Rémion
Elle a commencé à la faculté de droit de l'Université des Antilles Guyane avant de s'envoler pour l'Hexagone après la 2e année. Elle y a obtenu un master en management stratégie d'entreprise, puis y a fait ses premières armes professionnelles. Revenue en 2015 dans son île, elle est aujourd'hui responsable des relations entreprises au sein de l'entreprise Virgini's Technologies. En parallèle, elle vient de monter « Mango House Project » , avec Steven Jubenot-Marguerite, pour construire des contenairs habitables.
Steven Jubenot-Marguerite, 30 ans
Steven Jubenot-Marguerite
Diplômé d'une école de commerce, il est également titulaire d'un master en management et en gestion financière. Il a travaillé un an et demi à Londres, au Royaume-Uni, avant de rentrer au pays pour des raisons familiales. Il travaille aujourd'hui dans une grosse société de la place comme chargé de finances. Il s'est associé à Émeline Rémion pour créer « Mango House Project » .
David Sévétian, 29 ans
David Sévétian
C'est le seul à ne pas avoir quitté son île. Titulaire d'un bac S mention bien, il poursuit avec une licence économique monnaie, banque, finances jusqu'au niveau master sciences économiques et aménagement du territoire. Présent sur les réseaux sociaux, à la télévision, à la radio, il apprend le développement web et connaît sa première expérience professionnelle à la direction de la communication de l'ancien conseil régional. Début 2018, il crée la monnaie virtuelle et solidaire « Wouscoin » en partenariat avec un ingénieur financier. « C'est un peu la synthèse de tout ce que j'ai fait avant » , explique-t-il. Une quinzaine de professionnels y adhèrent aujourd'hui et acceptent d'être payés avec cette monnaie (coiffeur, graphiste, communicant, agriculteur, société de chèque-réduction, consultant en entreprise, consultant juridique...). Le 3 juin, s'est tenu le 3e grand marché partagé de Trénelle, avec possibilité de payer en Wouscoin.
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VOS COMMENTAIRES
  • zakari - 07.06.2018
    À la Mouche
    Je connais déjà la réponse de BIGRE : "les agents de la police nationale et municipale et de vidéosurveillance qui ne travaillent pas ou qui font semblent de travailler doivent êtres licencié"..... Si BIGRE est sous PROZAC ce n'est pas pour rien, et chercher à raisonner BIGRE c'est équivaut à ce mettre une corde autour du cou....BIGRE est dans son monde de délire, c'est son destin, il faut le laisser dans son monde, c'est sa vie.
  • zakari - 07.06.2018
    Merci les jeunes!!!
    Je suis, (je crois) l'un de ceux qui parle le plus du drame du départ de nos jeunes.
    C'est presque une obsession chez moi, puisque je sais que sans cette jeunesse, disons les choses franchement nous sommes foutu.
    Ce n'est pas avec la racaille qui s'entre-tue aux Terres-Sainville que nous avancerons.
  • mouche Corbillard - 07.06.2018
    En mode: Provocateur
    J'attends avec IMPATIENCE un commentaire de BIGRE et EXAGONE qui sont toujours prêt quand ils s'agit de cracher sur la jeunesse des îles.

    Alors ou sont -ils ? Pourquoi ne font -ils pas un compliment à ces jeunes qui travaillent ?

    Ah oui c'est tellement plus facile de salir et de dénigrer.

    Et vous autres pourquoi je ne lis pas vos encouragements Aussi ?

    BIGRE j'attends votre commentaire pour cet article !

  • mode - 07.06.2018
    Bravo la jeunesse ! Le péyi a besoin de vous.
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