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Une Fondation pour la mémoire de l'esclavage

Photos AFP franceantilles.fr 10.05.2017

À l'occasion de la 12ème journée des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leur abolition, François Hollande a annoncé ce mercredi une Fondation pour la mémoire de l'esclavage. Elle devrait voir le jour en 2018, après la création, depuis le 3 mai, d'un Groupement d'intérêt public (GIP), présidé par Jean-Marc Ayrault. Les photos de la cérémonie.

« Il vous revient à présent, cher Emmanuel, de porter ce message, ici, en France et partout dans le monde », a déclaré le chef de l'État sortant, à l'issue de la 12e journée des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leur abolition, en s'adressant au nouveau président élu, qui n'a pas pris la parole.
C'est la deuxième fois que les deux hommes se retrouvaient depuis le second tour de l'élection présidentielle, après la commémoration lundi à l'Arc de Triomphe, à Paris de la capitulation de l'Allemagne le 8 mai 1945.
« Il ne s'agit pas d'opposer une douleur à une autre », a relevé le président sortant. « Nous sommes là pour empêcher que le pire puisse se reproduire... Nous devons continuer à nous battre contre les discours qui nous jettent les uns contre les autres », a insisté M. Hollande.
Rappelant qu'il avait souhaité, il y a un an, que la France se dote d'une Fondation pour la mémoire de l'esclavage, une idée lancée par Jacques Chirac en 2006, le chef de l'État s'est déclaré « fier que la dernière cérémonie avant que je ne confie à Emmanuel Macron la totalité de mes pouvoirs, soit consacrée à la promesse que j'avais faite ».
La Fondation pour la mémoire de l'esclavage devrait voir le jour en 2018, après la création, depuis le 3 mai, d'un Groupement d'intérêt public (GIP).
Ce groupement sera présidé par Jean-Marc Ayrault à l'issue de ses fonctions de ministre des Affaires étrangères. Le GIP travaillera aussi avec la Ville de Paris à la création d'un mémorial aux esclaves et d'un musée.

« Financer des actions mémorielles »
La création d'un musée de l'esclavage est l'une des demandes récurrentes des associations antiracistes. Le siège social du GIP sera à l'hôtel de la Marine, place de la Concorde à Paris. Cela rejoint les préconisations de la mission de préfiguration - présidée par l'ancien Premier ministre du Bénin Lionel Zinsou -, qui soulignait en mars le « pouvoir symbolique fort » du lieu, longtemps siège du ministère de la Marine et des Colonies et abritant le bureau où Victor Schoelcher signa le décret d'abolition de l'esclavage en 1848.
François Hollande et Emmanuel Macron, accompagnés du président LR du Sénat Gérard Larcher, ont déposé auparavant ensemble une gerbe en mémoire des victimes de l'esclavage au pied d'une stèle commémorative.
François Hollande a profité de ce dernier discours pour rappeler toute sa « politique mémorielle » menée depuis cinq ans, évoquant par exemple l'inauguration en 2015 du Memorial ACTe à Pointe-à-Pitre, la reconnaissance de la responsabilité de la France dans l'abandon des Harkis, la récente cérémonie de remise de la nationalité française aux tirailleurs sénégalais, ou encore la reconnaissance de la responsabilité de l'Etat dans les essais nucléaires en Polynésie.
Cette cérémonie a eu lieu en présence du Premier ministre Bernard Cazeneuve, du président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone, et d'une grande partie des membres du gouvernement, dont la ministre des Outre-mer Ericka Bareigts.
La journée commémorative du souvenir de l'esclavage et de son abolition a été instaurée par la loi Taubira en 2001. L'ancienne garde des Sceaux Christiane Taubira était présente à la cérémonie.
Pour le Cran (Conseil représentatif des associations noires), « l'État s'engage enfin à mettre en place des réparations morales et financières » car la Fondation permettra « de financer des actions mémorielles, culturelles ou sociales ».

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