ACTUALITé - A LA UNE

BASSE-POINTE - Le 14 Février de Chalvet entre dans l'enseignement pratique

France-Antilles Martinique 15.02.2017
Eric Hersilie-Héloïse

0RÉAGIR

Le 14 Février de Chalvet entre dans l'enseignement pratique
Pendant que les enfants se reposent, Marie-Hélène Léotin, veille au moindre détail. (Photos Eric Hersilie-Heloïse/France-Antilles)

Hier matin, dès 8 heures, sous la conduite de Marie-Hélène Léotin, 133 collégiens de classes de 3e et 10 enseignants encadrants issus des collèges de Basse-Pointe et du Lorrain ont eu droit à une leçon d'histoire locale, inédite.

C'est la première fois que Marie-Hélène Léotin, en tant que conseillère exécutive de la CTM, chargée du patrimoine et de la culture, organise une telle manifestation. Ordinairement, on assiste à un rassemblement d'officiels au cours duquel un discours et un dépôt de gerbe précèdent un « cocktail » de circonstance. Là (et elle avait laissé poindre l'oreille, lors d'interview faites la veille), la transmission se fait en « ligne directe » : des anciens participants à la grève de janvier/ février 1974, aux élèves, sur le site.
En présence bien sûr d'enseignants. Et aux couleurs de la collectivité! Chaque collégien étant prié de revêtir un tee-shirt, au dos duquel était imprimé le traditionnel « Sonjé Chalvet Févriyé 74 » , cette fois surmonté du logo de la CTM.
De fait, le docteur (en histoire) Léotin prend son rôle culturel et patrimonial, très au sérieux.
Ne comptons pas sur elle pour faire de la figuration! La jeunesse ne se porte pas au mieux de ce que l'on pourrait espérer ? Par le terrain et l'exemple, la CTM oeuvre à remettre les pendules à l'heure.
« Il était temps » , murmureront certains enseignants, au cours de la matinée.
Moment de recueillement devant le mémorial de Chalvet. (Photos Eric Hersilie-Heloïse/France-Antilles)
« C'EST QUOI UN SYNDICAT ? »
Et du côté des « récipiendaires » , comment l'expérience était-elle reçue ? Mieux que ce à quoi on s'attendait, mais largement moins bien que ce que l'on espérait. Les adolescents du Lorrain et de Basse-Pointe n'étant pas vraiment chahuteurs, 133 collégiens crapahuteront dans des traces d'une habitation vallonnée, sans vraiment rechigner. « Heureusement qu'on leur a laissé leur portable » , soufflera une professeure, ajoutant : « C'est pas facile, car les parents sont en train de courir après un RSA, un job, bref de l'argent et n'ont ni le temps, ni l'envie de conscientiser leur progéniture » .
Toujours est-il que l'expérience demande à être réitérée ; à d'autres endroits de l'île pour offrir une alternative culturelle à une jeunesse somme toute en demande d'héritage. Reste à savoir lequel ?
Ainsi les « orateurs instructeurs » tomberont des nues quand, après avoir longuement hésité, les collégiens se jetteront littéralement au feu et poseront la question qui les démangeait depuis le début : « C'est quoi un syndicat ? » . Au-delà de l'étonnement, cette simple anecdote donne tout son poids à l'entreprise qu'un professeur d'histoire passionné par une mission de transmission qu'elle s'est donnée. Rattraper un retard décennal!
C'est vraisemblablement pourquoi la leçon du jour se déclinait en deux parties.
L'une sur le « site des opérations » et l'autre plus « soft » sous un chapiteau du centre culturel de Gradis.
0
VOS COMMENTAIRES

Réagissez à cet article

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2 mn) :

CONNEXION