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MOBILISATION - Nouveau coup de sang à la Clinique Sainte-Marie

France-Antilles Martinique 05.12.2017
Christian TINAUGUS

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Nouveau coup de sang à la Clinique Sainte-Marie
Pour se faire entendre, les salariés ont érigé des barrages devant le centre médical de Cluny qui héberge la clinique. L'action a payé : la direction a donné de nouvelles garanties sur la rénovation des locaux, l'amélioration de l'environnement... Malgré ce nouveau protocole d'accord, la sérénité n'est pas revenue au sein de l'établissement de santé. (W.T./F-A)

On croyait les problèmes résolus après la grève de février dernier. Le protocole d'accord signé n'aurait pas été respecté par la direction, dénoncent les salariés, qui ont cessé le travail hier.

La clinique Sainte-Marie retrouvera-t-elle un jour la sérénité ? Il semble que les mêmes problèmes demeurent, onze ans après sa reprise par le groupe Kapa. Une nouvelle grève a été déclenchée par le personnel affilié à la CDMT-Santé pour contester le non-respect du dernier protocole d'accord. Pour se faire entendre, ces salariés ont érigé un barrage à l'entrée du centre médical de Cluny, ne laissant accéder que les patients et les non-grévistes. Il s'agissait d'exprimer un « ras-le-bol » .
« Nous en sommes toujours aux mêmes points, déclare, furieuse, Catherine Lexée de la CDMT-Santé.
Par exemple, sur celui de la maltraitance, car il faut bien parler de maltraitance du personnel et des patients. Les patients sont encore en train de se doucher à l'eau froide! Il y a des problèmes de nourriture... L'offre de soins qu'on doit assurer n'est pas non plus prise en charge normalement. Nous sommes en grève pour défendre la population martiniquaise, ils doivent être derrière nous! » . Les prestations ne sont donc pas respectées, l'hygiène et la sécurité ne sont pas garanties. Mais d'autres problèmes sont soulevés comme le retard récurrent du versement des salaires. « Tous les mois, nous avons des agios à payer et certains ont perdu leur autorisation de découvert. Là, comme par hasard, nous déposons un préavis de grève, et les salaires sont payés avant la grève... » . La mutuelle est prélevée sur le salaire, mais c'est en allant faire leurs prestations chez leur médecin qu'ils constatent qu'ils ne sont pas à jour de leurs cotisations. Les salariés subissent en plus la pression de patients et de parents.
LA VOIE JUDICIAIRE ?
A la Clinique Sainte-Marie, il subsiste une « grande inquiétude » pour les emplois et la pérennité de l'outil de travail. Certains ne le cachent pas : ils sont tout bonnement opposés à un dépôt de bilan. « Comme ça on saura où on va! » , tonne une gréviste. Laquelle fait part d'une « baisse préoccupante » de la clientèle depuis quelque temps qui, malgré tout, observe-t-elle, continue à se faire encore soigner dans ce qui était un fleuron de la Caraïbe, consciente qu'elle peut néanmoins compter sur un personnel dévoué et des chirurgiens de première compétence. Après discussions, les délégations de salariés et de la direction ont signé un nouvel accord dans lequel la partie patronale donne un certain nombre de garanties. Elle s'engage à installer un chauffe-eau dans chaque chambre, faire verser les salaires dans les temps, améliorer l'environnement des patients (repas, chambres, rachat de télés qui n'existaient plus). Elle donne aussi l'assurance de mettre en route le plan de rénovation avec des dates modifiées et de remettre sur les rails le comité de suivi qui devra se réunir dans quinze jours. La clinique n'ayant pu obtenir de l'ARS les 800 millions d'euros nécessaires aux travaux, c'est le groupe qui va investir dans le projet. Pour autant, le personnel reste vigilant, jugeant que les mêmes promesses avaient été faites en février. « Si nous n'avons pas du concret, nous allons faire autrement, et pourquoi pas, porter l'affaire devant le tribunal » . Le blocage de l'entrée a été levé en début d'après-midi.
Preuve que c'est l'ensemble du groupe Kapa qui est dans la tourmente, en Guadeloupe un mouvement de grève reposant sur les mêmes revendications a été également observé.
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VOS COMMENTAIRES
  • zakari - 05.12.2017
    Une grève juste.
    Bon, si la direction a donnée des garanties, il faut maintenant reprendre le travaille, surtout qu'ils disent eux-mêmes qu'il y a un risque de dépôt de bilan.
    Cette grève était justifiée au regard de la liste des revendications.
    Reprenez le travaille, vous avez surement des enfants à nourrir.
    Pierre Charles est à la retraite et il a une bonne situation financière.
  • bison - 05.12.2017
    Fermeture annoncée
    La clinique est dans sa phase finale, l'hôpital public est le salut !
  • laverite - 05.12.2017

    Commentaire supprimé par la rédaction

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