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GRAND-RIVIÈRE - Une drague à l'arrêt, un port ensablé un bateau échoué

France-Antilles Martinique 04.01.2019
B.-R. T.

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Une drague à l'arrêt, un port ensablé un bateau échoué
Avant de lever la drague pour la mettre à terre, il a fallut dégager les barrages flottants à l'aide d'une pelleteuse ainsi que le sable qui l'entouraient.

Les ennuis se multiplient depuis plus d'un mois au port, après que l'avant de la drague, assurant le désensablement du chenal ait partiellement coulé laissant échapper plus de 500 litres de gazole.

Reposant quasiment sur un ban de sable, la drague a pu être dégagée au bout de plusieurs heures d'efforts.
Cet épisode s'est déroulé le samedi 24 novembre dernier et fort heureusement, les barrages flottants mis en place par les sapeurs pompiers ont empêché que la pollution aux hydrocarbures ne se propage au-delà de l'aire du port où était amarré la machine. Selon le propriétaire de la drague, Justin Ozier Lafontaine, « Il ne peut s'agir que d'un acte de malveillance, car les quatre ballasts disposés à l'avant de l'engin de dragage, sensés être vides et assurant sa flottabilité étaient remplis d'eau provoquant son enfoncement dans l'eau » . A ce stade, seuls les conclusions d'une expertise qui devrait être réalisée dans les jours à venir permettra de déterminer l'origine de cet accident qui aurait pu avoir des conséquences plus dramatiques s'il n'avait pas été découvert rapidement.
METTRE LA DRAGUE À TERRE
Pour remettre la drague en fonction il faut la mettre au sec. Son moteur a été ôté et il est actuellement en révision mais il reste tous les autres éléments techniques à remettre en état. « J'ai demandé par deux fois à la CTM (Collectivité territoriale de Martinique) qui me délivre le bon pour travailler au désensablement de pouvoir entreposer la machine aux abords du quai afin de pratiquer une révision complète, la CTM m'a opposé deux refus. Des refus qui font suite à une non-réponse à ma demande d'apporter une autre drague de la société Caraïb-Moter pour travailler dans le port » , assure Justin Ozier Lafontaine. Pourtant hier matin, le propriétaire est passé outre ces refus et ce sont deux grues d'une entreprise spécialisée qui sont venues soulever l'imposante drague de 20 mètres sur 5,5 mètres et la poser sur une remorque pour que les travaux de révision puissent débuter.
UN PORT IMPRATICABLE
Selon le chef d'entreprise qui assure le désensablement, le bon pour travaux devait se terminer à la fin du mois de février et comme il ne peut plus ôter le sable, l'entrée du port est devenu impraticable. Les marins-pêcheurs ne peuvent donc plus prendre la mer pour travailler ce qui les agace fortement.
Le 31 décembre, le voilier d'un plaisancier s'est même échoué à l'entrée du port (voir notre encadré). Justin Ozier Lafontaine espère que tous ces désagréments ne seront qu'un mauvais souvenir et qu'après révision de la drague mise au sec et la repose de son moteur il va pouvoir de nouveau assurer la remise en état du chenal du port afin que tout rentre dans l'ordre et que les marins-pêcheurs puissent retrouver le chemin de l'océan.
Après s'être couché sur flanc à cause d'un banc de sable bouchant l'entrée du port, l'embarcation a pu être dégagée et remise à flots près duponton.
C'est un travail titanesque qui a été réalisé lorsque les grues ont dû soulever la drague.
« Une entreprise incapable de faire face à la situation! »
Dans un courrier daté du 02 janvier 2019 et publié sur sa page Facebook, Daniel Marie-Sainte, le conseiller exécutif de la CTM en charge des infrastructures, affirme que « l'entreprise chargée du dragage du port se révèle incapable de faire face à la situation! » ... « La CTM s'est vue contrainte de déclarer « sans suite » un appel d'offres, au terme duquel elle envisageait d'attribuer un nouveau marché à cette même entreprise!!! En conséquence, un nouvel appel d'offres a été lancé suivant la « procédure d'urgence » afin que la Port de Grand-Rivière soit désensablé au plus tôt! » , indique Daniel Marie-Sainte dans son courrier.
Un plaisancier israélien échoué au port
La Saint Sylvestre a bien failli tourner au cauchemar pour Ishai Oren, un plaisancier de nationalité israélienne qui avait décidé de mouiller lundi soir dans le port de Grand Rivière. Ce docteur en mathématiques qui effectue le tour du monde avec escales sur un voilier de 12 mètres s'est retrouvé pris au piège sur un banc de sable en entrant dans le chenal du port. Malgré les lumières qui lui indiquaient la possibilité d'entrée, son bateau s'est rapidement échoué et il a fallut toutes la bonne volonté de quelques marins-pêcheurs Riverains pour que l'homme puisse enfin débuter la nouvelle année plus sereinement. C'est vers 18 heures que les ennuis ont commencé pour le plaisancier et c'est à l'arrivée d'une houle plus soutenue et providentielle vers 4 heures que le bateau a pu être dégagé. Il a fallut des cordes amarrées aux embarcations de marins-pêcheurs de la commune ainsi que plusieurs 4X4 pour sortir du sable le voilier. A présent le mathématicien est prisonnier du port, il ne peux plus reprendre la mer et attend avec impatience que le sable soit dégagé pour retourner à ses occupations de navigation.
Un élan de solidarité s'est formé, s'il peut dormir sur son bateau, les Riverains sont présents pour le soutenir, lui apporter du réconfort et lui faire goûter notre gastronomie antillaise.
SON AVIS Ishai Oren, 59 ans, plaisancier de Tel-Aviv « Captif sur une île salvatrice »
« J'effectue le tour du monde dans le sens est-ouest depuis 3 ans et il me reste encore autant de temps à naviguer. Toutes les 3 ou 4 semaines, je rentre à Tel-Aviv pour travailler durant quelques mois et je repars afin de poursuivre mon périple. Parti d'Espagne, je suis déjà allé au Cap vert et traversé l'Atlantique pour me rendre en Amérique du Sud. Venant de la Guyane Française, j'ai visité plusieurs îles de la Caraïbe et je me dirigeais vers la Guadeloupe et Cuba. Si d'ici quelques jours, je ne peux pas reprendre la mer, je rentrerai dans mon pays et reviendrai dans plusieurs semaines. J'ai trouvé une population accueillante qui prend soin de moi depuis que mon bateau s'est échoué. Je suis captif sur une île salvatrice, ça fait partie des anecdotes du voyageur » .
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