OPINIONS - TRIBUNE

Ceregmia : pointe de quel iceberg ?

France-Antilles Martinique 12.04.2018

3RÉAGIR

L'indignation exprimée à la perspective d'un retour des naufragés du Ceregmia à leurs postes - on pourrait dire à leurs affaires - est légitime. Notre propos n'est pas d'entrer dans les arcanes judiciaires du fond et de la procédure, mais lorsque les enquêtes administratives et médiatiques ont déjà mis sur le tapis une telle marée de bizarreries, d'indélicatesses, de manoeuvres suspectes et de turpitudes, on ne peut que dire son ahurissement devant cet éventuel retour intempestif des concernés sur les lieux du crime. Il existe pourtant un usage de « mesures conservatoires » qui pourrait permettre d'éviter ce qui ressemble à une provocation aussi malséante qu'absurde. Il nous semble que les dispositions de droit commun ne nécessitant qu'une faible dose de courage ne seraient nullement au désavantage du trio concerné, à supposer que le but de l'opération serait de leur faire bénéficier de la présomption d'innocence. En effet, leur reparution devant les instances disciplinaires et la concrétisation du volet judiciaires ne devant guère tarder, on ne peut que désapprouver un retour précipité en exécution du jugement d'annulation des sanctions disciplinaires. Une mise en scène indiscutablement pénible et dangereuse pour les parties, et de surcroît moralement nocive pour la collectivité universitaire comme le pays.
L'occasion est toutefois propice pour que la société martiniquaise s'interroge sur l'un des problèmes les plus universels et les plus symptomatiques du capitalisme globalisé : la corruption, avec son corollaire obligé de bombances extravagantes avec l'argent de citoyens majoritairement démunis. Ce mal est partout et sape en profondeur les bases économiques et morales de toutes les sociétés contemporaines. Nous sommes en quelque sorte à la mode, mais rien ne nous obligera jamais à nous résigner.
L'INDIGNATION EST NÉCESSAIRE MAIS PAS SUFFISANTE
L'indignation n'est pas sélective, elle déviera vite sur une question annexe, prosaïque mais fatale : que faire quand des connaissances ou relations plus ou moins proches semblent être prises la main dans le pot de confiture ? La moindre des choses serait dans ce cas d'observer une certaine circonspection, sauf quand on peut démontrer de façon crédible qu'on est face à une manipulation de l'ennemi, comme lors du renversement réussi de Dilma Roussef au Brésil. Par contraste les cris d'orfraie poussés par Yann Monplaisir face aux interrogations judiciaires pesant sur Alfred Marie-Jeanne et sa famille avaient quelque chose de pathétique. N'eût il pas été plus civique et approprié, aussi inconfortable que cela puisse être, d'attendre d'en savoir un peu plus non pas en faisant une confiance aveugle dans « la justice de mon pays » - une formule si galvaudée qu'elle est vide de tout sens - mais dans le recoupement des diverses investigations.
Phénomène multiforme Il est vrai que chacun doit garder à l'esprit les degrés et les proportions de circonstance dans l'analyse du phénomène multiforme et plus ou moins sophistiqué de la corruption moderne. Un avantage modique donné à un parent ami ou allié est un premier pas crucial, celui qui dit-on importe le plus. Assurément répréhensible, il n'a pas le même impact que les sommes astronomiques et l'organisation ruineuse dont il est question ici. Dans le même ordre d'idées, aussi impardonnable qu'elle soit, la paralysie des éminents décideurs en titre qui, par peur des représailles, ou par lâcheté tout court, n'implique pas le même degré de responsabilité que les organisateurs résolus du pillage systématique de la ressource collective. Il n'empêche cependant que le consternant rétropédalage de l'actuelle présidence de l'université suscite bien des interrogations, tant par l'empressement de « décastériser » le dossier au point même de changer d'avocat, que par la misérable communication d'accompagnement.
INSTITUTIONS DÉMOCRATIQUES MENACÉES
La corruption commence bien dans les logements de fonction à coûts exorbitants, les voyages d'agrément à répétition en business classe, le népotisme indécent pour le cercle des partisans et soi-même, les multiples avantages indus dont la liste serait trop longue à détailler. Sans mettre un trait d'égalité entre tous niveaux et natures variables de la corruption, on doit affirmer un refus sans complexe de pactiser avec les pratiques socialement dés- agrégatrices qui en sont la conséquence.
L'éradication d'un fléau aussi puissant et contagieux ne gagne pas grand-chose à s'acharner sur les individus, dans une atmosphère de lynchage sélectif stimulée par des manoeuvres pour le moins déplacées. On le sait bien, il a toujours fallu l'appui plus ou moins explicite d'un réseau de complicités actives, de complaisances répréhensibles, de courtisaneries intéressées, de veuleries permissives, d'indifférences coupables, pour que puisse prospérer le mal. Mais une chose est sûre : nous ne gagnerons jamais sans un combat têtu s'attaquant aux racines du mal, pour la transparence, la liberté d'enquêter, le contrôle des masses, le châtiment des coupables, le débat sur les principes, l'éducation patiente sur la gangrène d'une corruption funeste pour la démocratie.
Philippe Pierre-Charles et Max Rustal, Groupe Révolution Socialiste (GRS)
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VOS COMMENTAIRES
  • zulou - 14.04.2018
    Un peu de bons sens, MERCI
    Navrant que des Francs Maçons s'invitent pour encore embrouiller et manipuler l'opinion publique et surtout pour les faire passer pour des boucs émissaires d'une société sans colonne vertébrale et du sens de la critique.Par exemple lorsqu'on dit détournement de fonds, ou blâmes datant des années 1990, il faut se dire que cela à été jugé donc par rapport à l'accusation qu'avons nous comme réponse de la personne accusée (contradictoire) et comment le jury a traité finalement ce blâme, est ce que la personne a été condamnée ou acquittée ? Un peu de méthode en lieu et place de l'émotion cela ne peut que faire du bien dans ce climat où l'on s'emporte un peu trop vite sans avoir déclenché son esprit critique. Vérité sur mensonge il faut savoir qu'un Franc Maçon est à l'image de la société donc il y a aussi des Francs-Maçons qui soutiennent Corinne Mencè Caster mais surtout très actifs dans le blocage du campus de Schoelcher pour empêcher aux professeurs d'y entrer pourtant la justice pénale qui instruit les chefs d'accusations des mis en examen dit autrement ce qui laisse supposer que l'affaire est surement un roman sous fond de règlement de compte entre universitaires. La justice nous le dira bientôt mais si on a un peu de jugeote on peut se dire que le vol d'argent relève de l'imagination de certains. Surtout cessez de nous polluer à votre romance avec vos histoires de Francs-M car ils sont aussi sur le barrage, dans le comité VAC, cessez vos singeries. Merci
  • zakari - 12.04.2018
    @laverite
    Je pense que vous faites une crise gravissime.
    Il s'agit d'une tribune de deux paléonigritiques du GRS, qui pensent que Fidel Castro et Che Guevara sont encore dans la Sierra Maestria.
    Mais pour vous, Philippe Pierre-Charles et Max Rustal sont sous influence maçonnique.
    Votre folie dépasse l'entendement.

  • laverite - 12.04.2018

    Commentaire supprimé par la rédaction

  • laverite - 12.04.2018
    LA LOGE RIEN QUE LA LOGE
    faut arreter de se voiler les yeux et la face...EN RIPOUBLIK LE POUVOIR ET LA GOUVERNANCE SUR LE TERRAIN DE FAIT CEST EUX !!!!!

    D OU UN PUTAIN DE PARASITAGE INSTITUTIONNEL...
    , En présence du Grand Architecte de l’Univers et de cette Respectable Assemblée de Maçons, je promets et jure, sur ma foi et mon honneur d’homme et de Femme libre, solennellement et sincèrement, sans restriction mentale d’aucune sorte, de ne jamais révéler aucun des mystères et des secrets de la Franc-maçonnerie qui vont m’être confiés, qu’a un bon et légitime frère/Sœur, ou dans une loge ou un triangle maçonnique régulièrement constitué, de ne jamais les écrire, tracer ou buriner, sans l’autorisation de mes supérieurs ultimes, ni former aucun caractère par où les secrets de l’ordre maçonnique puissent être dévoilés, sous peine d’avoir la gorge tranchée, d’être déshonoré, et de voir mon nom transcrit à perpétuité sur la colonne d’infamie, alors que mon corps serait enseveli dans le sable de la mer, afin que le flux et le reflux m’emportent dans un éternel oubli.Je promets et je jure de considérer désormais tous les Francs-maçons comme mes frères, les protégeant, les assistant, et les aidant en leurs besoins, temporels comme spirituels ...

    what else?
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