OPINIONS - TRIBUNE

La suppression du terme de « race » reste anecdotique

France-Antilles Martinique 09.07.2018

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Après la suppression du mot « race » de la Constitution française, les réalités économiques et sociétales changeront-elles pour autant ?
Le contexte politique est absorbé par ce qui est appelé « la crise migratoire » . L'Europe doit sortir d'une impasse qui repose sur les désaccords des membres de l'Union Européenne à accueillir des migrants. La France, comme à son habitude, est en équilibre sur cette question : assumer ce qui fait les valeurs universelles de sa République, et tenir compte de partis politiques dont le fonds de commerce est pour certains « la peur migratoire » , cette angoisse à accueillir une « horde noire » de mendiants affamés que l'on dit prête à tout et pas catholiques, c'est sûr.
Ainsi, après avoir dit qu'il n'est pas question « d'accueillir toute la misère du monde » puisque « la France n'est pas un Eldorado » , après avoir rendu visite au défenseur papal, que nous apprécions, des victimes de la pauvreté dans le monde, il fallait trouver l'action symbolique qui puisse concilier deux positions contraires et poursuivre cet exercice d'équilibriste politique. Voilà pourquoi le quidam en charge d'un subterfuge idoine est allé sortir des cartons de l'ancien gouvernement un projet qui n'avait pas encore abouti - faute de consensus, peut-être - et qui consiste à supprimer le mot de « race » de la Constitution [et fissa, SVP!], cette action devant être symbolique et propre à cristalliser les aboyeurs publics pour mieux noyer le poison d'une position réprouvée par les défenseurs des droits universels.
AMENDEMENT À BON COMPTE
Mais les tours de passe-passe langagiers et parlementaires des élus de la République, y compris ceux de l'Outre-mer, ne font le changement, ni même l'évolution ; ils amendent à bon compte ou déculpabilisent seulement leurs auteurs de leur incapacité à pouvoir - vouloir - changer les problèmes d'injustice et d'inégalité qui nuisent à l'émancipation du continent africain et des pays et régions d'afro-descendants tels les dits départements ultra marins.
Car tant que les vraies questions et leurs solutions qui sont d'ordre économique, sociétale et politique ne seront pas objectivement énoncées et tant que le continent africain sera considéré comme un « coffre-fort » de matières premières et autres ressources naturelles à piller sans vergogne par des pays lancés dans une guerre économique sans merci, les Africains auront toujours une image misérabiliste de mendiants exsangues, victimes, en vérité, de conditions de développement économique déloyales.
En lieu et place de l'assujettissement à une autorité qui s'auto proclame supérieure en raison d'une idéologie quelconque [et supprimer le mot race n'y changera rien], il est temps de mettre en place un esprit de partenariat et de contrat, à l'instar d'autres régions du monde entre-elles, pour établir de nouveaux rapports sociétaux, culturels, politiques et économiques, de surcroît quand l'Afrique comptera bientôt 2 milliards d'habitants qui ne souhaitent qu'une chose, c'est rester chez eux! Les Antillais subiront le même schéma.
C'est pourquoi il est urgent de faire évoluer les termes des échanges et de substituer à la condescendance hypocrite doublée d'une assistance perverse et paternaliste, une équitable complémentarité, un juste partenariat pour une contractualisation loyale entre partenaires.
Et pour ce faire, rien de mieux que de démonter les images et autres discours trompeurs qui présentent le continent noir et les pays qui en sont proches par l'histoire dans une approche biaisée et orientée. Au regard de ces enjeux, la suppression du terme de « race » reste anecdotique pour l'histoire et illusoire quant à ses effets.
Et pourquoi ne supprimerait-on pas le mot « noir » , pendant qu'on y est ?
Emmanuel Argo (1)
Lucien Cidalise Mortaise (2)
(1) Emmanuel Argo est membre de Chatham House à Londres et membre de : The Oxford University History Society/ la Société d'Histoire de l'Université d'Oxford. Angleterre. Il est l'auteur du concept de la NégroEvolution.
(2) Lucien Cidalise Montaise est architecte. Témoin forcé de l'Impossibilité martiniquaise.
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VOS COMMENTAIRES
  • laverite - 10.07.2018

    Commentaire supprimé par la rédaction

  • laverite - 09.07.2018
    quand les trouduculcrates S OCCUPENT ! ! !
    ils vont aussi faire une reforme du conseil constitutionnel pour le plus appeler la FRANCE METROPOLE ! ! !

    non ?desormais on va la taxer de Couyland ! ! !

    arf arf arf....faut vite virer et neutraliser toutes ces enclumes.. apatrides, logés ,aliénés et deviants.... traitres a la nation..

    pfffffftttt !!!!!!

    WHAT ELSE ?
  • zakari - 09.07.2018
    D'accord avec Adidi
    Adidi vous avez raison, ce sont les dirigeants africains eux-mêmes qui vendent l'Afrique aux plus offrants et ensuite nos intellectuels parlent de pillages et accusent uniquement les occidentaux, pas la Chine qui fait des ravages sur les richesses naturelles de l'Afrique depuis au moins 20 ans.
    Les rois nègres africains d'aujourd'hui font comme leurs ancêtres Ubu rois de l'époque de l'esclavages qui organisaient des guerres contre les autres ethnies pour faire des captifs pour revendre ensuite aux négriers et aujourd'hui on verse des larmes de crocodiles.
  • nolorAdidi ou Adidi - 09.07.2018
    lire : qui vend…
    les dirigeants...
    ils s'en moquent...

    leur continent est plus structuré...
  • zakari - 09.07.2018
    Pleurnicheurs mode d'emploi
    Que nos pleurnicheurs sur le pillage de l'Afrique {qui est une réalité} lisent le livre de Harel "Afrique noire pillage à huit clos" et ils verront que le pillage de l'Afrique se fait avec la complicité des élites corrompus africaines avides de belles voitures et d'appartements avenue Foch à Paris.
    Qu'ils aillent faire la morale à Denis Sassou Nguesso, à Paul Biya, ou aux dirigeants angolais.
    Qu'ils laissent 360 mille martiniquais en paix.
    Ce n'est pas à nous martiniquais à régler les problèmes de l'Afrique, ils sont plus d'un milliard.
  • nolorAdidi ou Adidi - 09.07.2018
    suite
    Toujours singer l'Europe ,ses dirigeants : Holand masqué qui va koké à mobylette , Fignon qui pilles les caisse Feu Miteran qui avait son harem ( sa maitresse) à l'Elysée, la reine d'Angleterre une relique, mais qui rapporte…
    On veut faire comme les Européens alors que eux leur continent et plus structuré, peuvent se permettent de jouer, en Afrique pas de classe moyenne tu es gras ou tu es maigre ...
  • nolorAdidi ou Adidi - 09.07.2018
    Qui vent l'Afrique aux autres (l'Europe , L'asie...) ba blan ba chinwa...
    Sé neg menm" je n'aime pas entendre que l'on pille l'Afrique parce que ce sont les dirigeant Africains et leurs complices qui livrent leur continent clé en main pour tous ceux qui veulent.
    L'Afrique n'est pas pillé elle est vendu par des "neg" qui n'ont pas d'idéologie " d mové neg"...du moment qu'ils ont le confort, que leurs enfant font de bonnes études c'est l'essentiel, le reste ils s'en moque purement et simplement


  • DAMBRUN - 09.07.2018
    Témoin forcé ?
    le commentaire de ces messieurs vient s'ajouter aux sempiternels discours sur le pillage de l'Afrique, sur la condescendance dont feraient preuve les pays développés. Pourquoi les pays d'Asie, d'Amérique du sud et d'ailleurs ne sont pas eux aussi victimes de sinistres exploiteurs ? Monsieur l'architecte pourrait-il nous expliquer pourquoi il se donne le titre de : témoin forcé de l'impossibilité martiniquaise ?
    Par qui et en quoi est-il forcé ? Quelle est donc cette impossibilité martiniquaise ? Que signifie la phrase : les Antillais subiront le meme schéma ?
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