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FORT-DE-FRANCE - La crise au collège Perrinon en 7 points

France-Antilles Martinique 07.03.2018
Louvinia Valat

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La crise au collège Perrinon en 7 points
(L.V./France-Antilles)

Déjà une semaine que le collège Perrinon est bloqué par ses enseignants, soutenus par les parents d'élèves. Un geste fort qui traduit leur ferme opposition à la suppression de deux classes, à la rentrée prochaine, comme annoncé par le rectorat. Soucieux d'éviter l'amalgame avec le conflit des agents territoriaux, qui affecte notamment les lycées de la Pointe-des-Nègres, ces enseignants et parents décryptent pour nous, en 7 points, leur mobilisation. Miguel Tian-Sio-Po, enseignant, représentant Snes du personnel, et Fabrice Acelor, parent d'élève, membre de l'Upem, sont leurs porte-paroles.

1. Pourquoi cette mobilisation ?
PARCE QUE le rectorat nous a annoncé la suppression de deux divisions au collège Perrinon. Or, l'année dernière, nous avions déjà été mobilisés, parce que le rectorat avait l'intention de supprimer une division de 3e. Lorsque la Rectrice est venue, elle nous a dit que c'était une erreur de ses services, parce qu'elle ne voulait pas que, pour l'académie, le nombre d'élèves par classe dépasse 28. Et, on était déjà à 28,75. Ce que nous annonce le rectorat, cette année, c'est la suppression d'une 5e et d'une 3e. Une 5e qui est à 29,75 élèves, soit plus que l'année dernière. Le Recteur refuse de revenir sur cette position. Il nous dit qu'il faut attendre juin.
Miguel Tian-Sio-Po, enseignant, représentant Snes du personnel au collège Perrinon. (L.V./France-Antilles)
Fabrice Acelor, parent d'élève du collège Perrinon, membre de l'Upem. (L.V./France-Antilles)
2. Pourquoi les parents sont-ils partie prenante du conflit ?
PARCE QUE nous sommes solidaires de ce mouvement initié jeudi, par les enseignants. Nous appuyons ce mouvement, car nous souhaitons que les conditions d'enseignement dans le collège soient sauvegardées. La décision de supprimer deux classes dans notre collège provoque une augmentation brutale de l'effectif. Nous allons devenir le premier collège de la Martinique, avec l'effectif par classe le plus élevé.
3. Pourquoi ne pas privilégier le dialogue avec le rectorat ?
PARCE QU'on a déjà eu une entrevue avec le Recteur, il nous a reçus juste avant le mouvement. La position qu'il nous a donnée ne nous satisfait absolument pas, car il est inadmissible que l'on puisse avoir une trentaine d'élèves par classe! Dans les prévisions du rectorat, des élèves vont partir. Mais, pour l'instant, avec l'effectif qu'on a, on aboutirait à 32 élèves par classe!
L'administration est au courant que nous sommes mobilisés. Mais pour l'instant, le rectorat ne s'en occupe pas. C'est presque du mépris. On est déjà allé au rectorat. On n'a pas eu de réponse satisfaisante. L'idée, c'est que le rectorat vienne. On les invite à venir voir.
4. Pourquoi les parents sont-ils inquiets pour les « élèves à besoins spécifiques » ?
PARCE QUE ces élèves doivent bénéficier le plus souvent d'une aide adulte. Les capacités d'accueil des classes dans le collège sont insuffisantes, si l'effectif dépasse les 29 personnes... Cela favorisera un niveau d'encadrement général et des conditions d'enseignement dégradés. Nous craignons pour le climat général du collège.
5. Pourquoi ne faut-il pas confondre la mobilisation au collège Perrinon et la grève des agents territoriaux ?
PARCE QUE ce sont deux mouvements totalement différents. On comprend, à demi-mots, les revendications des agents territoriaux. Mais ce sont deux choses qui n'ont rien à voir. Dans notre cas, il s'agit de suppressions de classes, donc d'un problème qui va se poser pour les élèves, pour les conditions d'apprentissage, pour la qualité de l'enseignement. De l'autre, il s'agit d'une question de statut. Or, comme les établissements sont bloqués, de part et d'autre, on peut facilement faire l'amalgame.
6. Pourquoi les élèves sont-ils quelque peu « préservés » des conséquences de ce blocage ?
PARCE QU'on essaie de ne pas les pénaliser. On fait ce qu'il faut pour qu'ils perdent le moins possible : les enseignants mettent du travail en ligne pour les élèves ; pendant le mouvement, on essaie d'avancer entre nous, pour que, dès la reprise, les choses puissent être rattrapées, qu'elles puissent avancer correctement. Notre revendication est légitime, c'est pour cela qu'on utilise tous les moyens, qu'on fait appel aux politiques et à tous ceux qui voudraient bien nous soutenir. C'est d'ailleurs pour ça que les parents d'élèves nous soutiennent, dans la mesure du possible.
7. Pourquoi la situation demeure-t-elle tendue, à l'échelle du territoire ?
PARCE QUE sur l'ensemble du territoire, 44 établissements sont concernés par les suppressions de postes! Mais chaque collège a ses propres caractéristiques, ses spécificités. À Perrinon, nous sommes l'un des rares collèges à avoir autant de divisions pour les élèves à besoins spécifiques (Segpa, Ulis, etc). Nous accueillons un public très varié d'élèves. Or, les effets d'une telle suppression concerne d'abord les élèves qui ont des spécificités.
Notre volonté est que le mouvement prenne fin le plus vite possible, à condition d'avoir une réponse satisfaisante. Or, pour l'instant, nous sommes mobilisés tous les jours et les signes que nous avons ne sont pas encourageants du tout.
Parents et enseignants du collège Perrinon font bloc contre les suppressions de classes. (L.V./France-Antilles)
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