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FORT-DE-FRANCE - Les « Apex » sur le « Chemin de Liberté »

France-Antilles Martinique 18.05.2017
C.VA.

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Les « Apex » sur le « Chemin de Liberté »
Mrs Jean-Baptiste-Simone et Bisson, métalliers : « Nous avons réalisé ce tambour sur cinq jours. Avoir ces jeunes et leur expliquer notre métier a été un privilège que nous mesurons avec une fierté certaine. En général toujours dans l'ombre, nous voyons nos réalisations susciter l'admiration des passants ou spectateurs. Transmettre et expliquer notre métier à la jeunesse a été une reconnaissance double qui n'aurait pas été possible sans cet Apex » .

La ville innove pour les célébrations du 22-Mai et propose une fresque vivante boulevard Général de Gaulle, ce samedi 20 mai à 20h30. Pour préparer et emprunter ce « Chemin de Liberté » , le Sermac et la régie scénique de la ville ont conjugué leurs talents. Et surtout, un nouvel outil a vu le jour : les Ateliers pédagogiques expérimentaux ou Apex.

Ce sont quelque trente jeunes qui évolueront aux côtés de professionnels, dans une expression scénique célébrant la commémoration de l'abolition de l'esclavage, ce samedi 20 mai sur le boulevard Général de Gaulle.
Plus connue comme étant un espace technique de réalisation de décors et d'accessoires, la régie scénique de la ville a donc ouvert ses portes à un public d'une trentaine d'adolescents volontaires, désireux de comprendre et connaître les secrets d'un instrument emblématique aux Antilles... « S'il vous plaît, dessine-moi un tambour! » , auraient pu marteler en choeur les apprenants de ce premier atelier, à la manière du Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry. Les petits princes en herbe de l'atelier expérimental ont vu leurs certitudes ébranlées. Le tambour, comme support d'activité, a surpris et émerveillé plus d'un par sa complexité de réalisation, son histoire à travers les âges, ses codes, sans compter son appropriation parfois insolite.
SAVOIRS ET TRANSMISSION
Pour cette première expérimentation, le domaine de l'art et spectacles a été la plateforme de réalisation d'un projet inédit. Les Apex sont le fruit d'une réflexion à l'endroit de la jeunesse. « On a été vraiment surpris. Notre tambour a une vraie histoire, une vie et tant de choses qu'on a pu découvrir grâce aux différents intervenants. C'était magique cet atelier... Mais pourquoi donc n'enseigne-t-on pas tout cela à l'école ? On aurait eu plus de plaisir à nous rendre en cours, si tout était fait dans cette même démarche! » , ont confié en choeur les participants. « Personne ne nous a obligés à venir : on avait envie d'être là et d'en apprendre plus sur notre culture. C'est clair qu'on est déjà à l'affût du prochain atelier. Et il risque d'être bien rempli, car on va y ramener tous nos amis! » .
C'est en répondant à un appel à candidature lancé par la ville, qu'ils se sont retrouvés dans ce premier atelier pédagogique expérimental.
« RÉVÉLATEURS DE TALENTS »
Ce premier atelier pédagogique, autour du tambour, a été une révélation pour ces jeunes.
Sous la houlette de Lydie Bétis, la directrice du Sermac, un cahier des charges, fourni par la toute nouvelle DGA Éducation et Culture » , a été déroulé à travers un programme riche de partenariats, d'intervenants et de savoirs.
Samedi, avec la fresque vivante, il s'agira pour cette jeunesse d'apprenants et figurants mis sous le feu des projecteurs de vivre ce moment avec conscience et appropriation de l'histoire de l'esclavage. « C'est une vraie mission de service public que j'ai l'honneur d'orchestrer, sur la partie artistique et culturelle » , affirme Lydie Bétis. « L'occasion des célébrations de l'abolition de l'esclavage a permis à ces jeunes de rencontrer des intervenants de renom dans divers domaines. Que ce soit avec Casimir Jean-Baptiste, ethnomusicologue, ou encore Élisabeth Landi, historienne, il y a une richesse dans la vision et la conception des Apex qui intègre volontiers l'expérience et des professionnels, afin de marier la théorie à la pratique » .
Pour cette première mise en oeuvre, l'art était donc à l'honneur, et les professionnels de la régie scénique de Fort-de-France ont pu faire découvrir leur métier. « Je passe le flambeau avec joie au responsable qui pilotera la mise en oeuvre du prochain Apex » , poursuit la directrice du Sermac. « De la théorie à la pratique, il y a des pans de notre histoire méconnus. Nous nous devons d'être des révélateurs de talents où qu'ils se trouvent » .
« Personne ne nous a obligés à venir : on avait envie d'être là et d'en apprendre plus sur notre culture! » , affirment les jeunes apprenants et figurants.
Le point avec Didier Laguerre, maire de Fort-de-France
« La colonne vertébrale des Apex, Ateliers pédagogiques expérimentaux, est de permettre au public jeune de découvrir, par l'activité, différents pans de notre culture, de notre histoire, de notre patrimoine, en touchant, en pratiquant et en échangeant avec des experts du domaine concerné. Il s'agira pour nous de leur permettre, grâce à la transmission, de s'approprier et d'intégrer ces éléments à leur quotidien et leur vision. Aussi, suite à un diagnostic, nous avons voté la création d'une DGA « Éducation et Culture » considérant ces deux éléments comme fondamentaux dans la construction des Hommes et des citoyens. La DGA Éducation et Culture répond, avec le chantier des Apex, à une interrogation : comment intéresser des jeunes à leur culture et leur environnement, en excitant leur curiosité dans leur contexte, avec des outils qui sont les leurs, afin qu'ils deviennent des citoyens conscients de leur histoire et pourquoi pas des ambassadeurs ? Ces ateliers peuvent se décliner dans tous les domaines : botanique, culturel, artistique, administratif, etc. Ce ne sont pas des ateliers traditionnels mais un vrai partage de connaissances et d'expériences où la dimension historique, sémantique, sociologique, etc, accompagne la pratique, la découverte, le partage de connaissances et surtout la transmission de savoirs par des professionnels. Faire naître l'intérêt n'est pas une finalité en soit. L'accompagnement consistera à entretenir cet engouement naissant, à l'approfondir, et pourquoi pas, pousser ces jeunes à devenir des experts ou des professionnels aguerris dans leur domaine de prédilection. »
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