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GROSSESSE - Fécondations in vitro : c'est reparti!

France-Antilles Martinique 11.02.2017
S.B.

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Fécondations in vitro : c'est reparti!
Cette reprise de l'activité est consécutive à l'annonce de la fin de l'épidémie de zika (septembre en Guyane, octobre en Martinique et novembre en Guadeloupe).

GROSSESSE. Suspendue depuis février 2016 en raison du virus zika, l'assistance médicale à la procréation (AMP), redémarre aux Antilles, mais sous certaines conditions.

Bonne nouvelle pour tous les couples infertiles... Dans ses recommandations du 26 janvier, l'agence de la biomédecine annonce que l'activité d'AMP (assistance médicale à la procréation) peut reprendre dans les centres de Martinique et de Guadeloupe. Celle-ci avait été suspendue il y a un an, en raison du principe de précaution lié à l'arrivée sur nos territoires du virus zika transmis par le moustique aedes. Afin d'éviter tout risque de malformation du foetus, l'agence avait préféré stopper, aux Antilles-Guyane, toutes les inséminations artificielles (IAC), les fécondations in vitro (FIV) et les dons de gamètes (spermatozoïdes). Le centre du CHU de Pointe-à-Pitre est toutefois resté actif pendant cette année de « stand-by » .
Les couples ont pu constituer leur dossier et bénéficier des consultations avec gynécologues et biologistes. Certaines femmes candidates à la FIV ont également pu faire congeler leurs ovocytes après stimulation ovarienne (traitement hormonal) et vérification sérologique. « Seules les patientes qui présentaient un risque de forte diminution de leurs ovocytes à l'issue de l'épidémie ont pu engager un traitement » , précise le Dr Guillaume Joguet, médecin biologiste du CECOS CARAÏBES (Centre d'études et de conservation des oeufs et du sperme humains) et des unités de médecine de la reproduction du CHU de Pointe-à-Pitre.
REPRISE EFFECTIVE EN MAI
Cette reprise de l'activité est consécutive à l'annonce de la fin de l'épidémie de zika (septembre en Guyane, octobre en Martinique et novembre en Guadeloupe). Toutefois, même si le risque de contamination par voie vectorielle est devenu faible, la circulation virale n'a pas totalement disparu.
« La relance de l'AMP se fera donc sous certaines conditions, poursuit le docteur Joguet. Pour tous les couples, il s'agira, dans un premier temps, de vérifier la sérologie qui met en évidence les anticorps contre le virus, via une prise de sang. La recherche du virus dans le sperme sera également systématique pour tous les patients. Enfin, l'agence de la biomédecine recommande à tous les couples d'avoir au moins deux mois de rapports sexuels protégés avec préservatif pour éviter une contamination sexuelle par le virus zika avant toute prise en charge en aide médicale à la procréation. »
Compte tenu de ces nouvelles prérogatives, il faudra attendre le mois de mai pour une reprise effective des prises en charge.
À noter également que toutes les procédures médicales ne pourront pas se faire en même temps.
« Nous allons travailler par séries de 5 à 6 semaines, poursuit le docteur Joguet. Nous allons séparer les périodes de décongélation d'ovocytes prévus pour être fécondés de celles des ponctions ovocytaires de patientes sous traitement. Le laboratoire sera entièrement nettoyé après chaque session. En revanche, les femmes candidates au TEC, transfert d'embryon congelé, pourront être prises en charge à n'importe quel moment. Nous promettons une équitabilité dans la prise en charge » .
Les couples venant de Saint-Martin ne pouront pas être pris en charge tant que l'épidémie ne sera pas terminée chez eux.
350 couples concernés
Au total, environ 140 femmes des Antilles-Guyane, ont des ovocytes congelés en attente.
La fécondation ne pourra se faire que si le spermatozoïde de leur conjoint ne présente pas de trace de zika. 140 couples disposent d'embryons congelés et 200 autres sont candidats pour un début de prise en charge.
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