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DÉCÈS - Henry Jean-Baptiste, d'une île à l'autre

France-Antilles Martinique 08.01.2018

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Henry Jean-Baptiste, d'une île à l'autre
Major de sa promotion à l'Ecole nationale d'administration, Henry Jean-Baptiste siégera plus tard à l'Assemblée nationale où il va retrouver ses amis du lycée Schoelcher : Camille Darsières et Pierre Petit. (Fernand Bibas/archives France-Antilles)

Le Martiniquais, député de Mayotte durant plus de 15 ans, est décédé vendredi dernier à 85 ans. Retour sur le parcours de celui qui a été l'invité de notre rubrique « Grand témoin » en janvier 2012.

. Passionné de football, juge financier de haut rang à la Cour des comptes, parlementaire respecté, profondément attaché à sa terre natale de Martinique où il était né en janvier 1933, Henry Jean-Baptiste a néanmoins traversé deux océans pour mettre ses actes en conformité avec ses convictions républicaines. Lors de la rencontre pour la rubrqiaue « Grand témoin » de France-Antilles en janvier 2012, l'homme ne cachait aucunement ses passions et ses convictions. Républicain, il a cherché à donner de l'Outre-mer, de sa Martinique, une image autre que celle de « confetti de l'empire » qui animait (et anime encore!) trop aisément les cercles parisiens et les couloirs de l'administration publique. Il lui fallait prendre le taureau par les cornes. France Outre-mer, association de valorisation des richesses et atouts des départements, collectivités et territoires d'Outre-mer, sera portée sur les fonts baptismaux en 1985.
La première réunion au Sénat changera sa vie. Marcel Henry, figure tutélaire du personnel politique de Mayotte et sénateur, est dans la salle. Convaincu par le discours du Martiniquais, il lui demande de le rejoindre à
Mayotte afin de porter le flambeau de l'Île au Jasmin à l'Assemblée nationale. Hésitation d'Henry Jean-Baptiste. Il mesure à l'époque la difficulté pour lui l'Antillais à défendre les couleurs d'un territoire dont il ne parle pas la langue, sans compter les coutumes qui lui sont étrangères.
UN CHALLENGE VALORISANT
Mais le Républicain comprendra alors que le challenge est valorisant. Invité à le faire par quelques caciques de la Cour des comptes, il acceptera finalement et sera élu député (UDF) de Mayotte, l'année suivante, en 1986, sans interruption jusqu'à son départ en 2002. L'enfant de Sainte-Luce et du Carbet, « mon père est du Carbet! » , aura ainsi réussi un parcours exemplaire. Condisciple de Camille Darsières, Édouard de Lépine et de Pierre Petit au lycée Schoelcher, « la fameuse classe de 6e A4! Quand je pense que nous nous sommes rejoints (Darsières, Petit et Jean-Baptiste) sur les bancs de l'Assemblée nationale. Il fallait le faire! » . Ils y seront ensemble de 1993 à 2002. Milieu offensif du Good Luck « J'étais bon! » , insiste-t-il, il sera membre de la commission Outre-mer de la Fédération Française de Football (FFF) pendant une vingtaine d'années. Major du concours d'entrée à l'Ena en 1958, (le premier Antillais à l'être au concours d'entrée d'une grande école), il finira sa carrière, conseiller maître de la Cour des comptes (1962-2005). Entre-temps, il sera conseiller auprès de Léopold Sedar Senghor (1970-1979), président du Sénégal. Il le sera également auprès de Valéry Giscard d'Estaing (1979-1981). Un parcours riche d'expériences. Mais la départementalisation de Mayotte est son aboutissement. « Il était indispensable que cela se fasse. Car Mayotte, française depuis 1841 est un territoire à part des Comores. Plus africain qu'arabe comme le sont les Comores » . Retraité serein, il aimait depuis revenir dans son île retrouver ses condisciples, humer l'air marin, blaguer, se souvenir. Se ressourcer!
Visite en terre connue
(Fernand Bibas/archives France-Antilles)
Valéry Giscard d'Estaing, président de la République française (1974-1981) rencontrant un marin-pêcheur de Sainte-Luce, en compagnie de son conseiller économique Henry Jean-Baptiste, un enfant du pays. Pour se rendre dans le Sud, le chef d'Etat était au volant avec à ses côtés Henry Jean-Baptiste et à l'arrière, Mmes Giscard d'Estaing et Jean-Baptiste. Autre temps fort de cette visite présidentielle : la messe de minuit dans cette commune où la mère d'Henry Jean-Baptiste avait vu le jour.
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