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Festival de jazz : les magiciens de l’Atrium

Céline Guiral - photos Pierre de Champs franceantilles.fr 30.11.2018

Jeudi soir s’est ouvert une série de trois soirées de concerts sur la scène foyalaise dans le cadre du Martinique jazz festival. Après la fée cosmique Sandra Nkaké, le guadeloupéen Sonny Troupé et son sextet ont laissé éclater leur prodigieuse fusion jazz ka. Vibrasyon a peyi la !

Elle arrive sur scène comme dans un souffle léger, sonorités pures de flute traversière. On écoute, le regard rivé sur scène, les notes de l’artiste. Drapée elle est, dans une robe orange aussi flamboyante que son univers. Sandra Nkaké, voix montante et déjà identifiée de la scène française, inspirée de jazz, de soul, de pop. Il faut quelques morceaux pour entrevoir un tout petit bout des aspérités de cette artiste qui surprend avec sa voix puissante, parfois superbement et subtilement éraillée. Derrière la maîtrise, on sent l’énergie un peu folle d’une fée tour à tour délicieusement psyché et apaisée. La tête entre les mains, attentifs, on la laisse nous emmener, « dans son voyage ». Elle raconte des histoires, accompagnée de ses quatre musiciens, complices et facétieux. On lui trouve un côté afropunk, au croisement de sa liberté artistique et de ses origines camerounaises qu’elle distille savamment en musique. Quand elle n’empoigne pas son micro comme le ferait une rock star, elle nous offre de magnifiques ballades. Nous parle de paysages lointains : il y a des rivières dans lesquelles coulent une musique douce et un jazz soyeux. Elle évoque une lune, rousse. Tape la mesure, une main sur son cœur. Sa musique, comme viscérale. Ce soir, du satellite céleste et rougeoyant, est tombée une étoile.

Ka de conscience
Mais la fée repartie, voilà qu’un magicien débarque. Sonny Troupé, batteur et percussionniste guadeloupéen. Sur son dernier album, Reflets denses, son quartet s’est enrichi de deux saxophonistes. A la scène, tous ces instruments semblent converser avec virtuosité : au centre, le ka. Toujours aussi impressionnante, l’énergie de ce fascinant monsieur Troupé. Habité par sa musique et on vibre avec lui. Au piano, le tout aussi surdoué Gregory Privat. Leur jazz comme substance hautement addictive. Ça se finit debout, les mains rougies de taper la mesure. On en veut encore. Le tambour fait résonner, un dernier kaladja.

Le programme à l'Atrium : Vendredi soir : Jacky Terrasson et Stéphane Belmondo / Terence Blanchard
Samedi soir : Ronald Tulle feat. Tony Chasseur et Michel Alibo / Lisa Simone

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